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Irak: 17 morts dans des attentats, la communauté chiite visée

17/01/2013 09:46 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

Au moins 17 personnes ont été tuées et 89 blessées en Irak jeudi dans une nouvelle vague d'attentats visant la communauté chiite, au moment où le Premier ministre Nouri al-Maliki doit faire face à la colère de la minorité sunnite qui s'estime lésée par sa politique.

La veille, 49 personnes avaient péri dans des attaques qui avaient notamment ensanglanté Kirkouk, une ville du nord de l'Irak revendiquée par le gouvernement fédéral et la région autonome du Kurdistan.

Jeudi, l'attaque la plus meurtrière s'est produite à Doujaïl, à 60 km au nord de Bagdad. Une voiture piégée a explosé à proximité d'une mosquée chiite, tuant 9 personnes et en blessant 56 autres, selon le maire de Doujaïl, Mohammed Hassan.

Cinq autres personnes ont péri dans un attentat près d'un stade de football à Hilla, à 100 km au sud de Bagdad.

Sur les lieux de l'attentat, un agent de police a accusé les habitants du quartier d'aider les extrémistes à organiser les attaques, selon des témoins interrogés par l'AFP. Furieux, ces derniers se sont rassemblés devant le commissariat de la ville et ont lancé des pierres en direction du bâtiment. Ils ont ensuite coupé la route qui relie Hilla à Diwaniya, plus au sud, en signe de protestation. Le policier incriminé a été arrêté, selon une source au sein des forces de sécurité.

A une dizaine de kilomètres de la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad, un attentat a blessé 17 personnes, dont huit pèlerins afghans, selon l'ambassadeur à Bagdad, Mohammed Anwarzaï, joint par l'AFP.

Dans le quartier majoritairement chiite de Husseiniyah, au nord-est de la capitale, deux civils ont été tués dans l'explosion d'une bombe placée en bord de route.

A Touz Khourmatou, à 175 km au nord de Bagdad, un officier de police est mort lors d'accrochages avec des insurgés.

Mercredi, une vague d'attentats sanglante avait fait 49 morts et 240 blessés à travers le pays. La ville de Kirkouk a payé le plus lourd tribut avec 33 morts.

Les attentats de mercredi et jeudi n'ont pas été revendiqués, mais les extrémistes sunnites prennent régulièrement pour cible des responsables politiques, la communauté chiite et les forces de sécurité.

Au plan politique, le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki doit faire face depuis fin décembre à un mouvement de contestation de la minorité sunnite, furieuse de la "marginalisation" dont elle se dit victime.

La grogne se traduit par des manifestations quotidiennes dans les provinces à majorité sunnite, dans le centre et l'ouest du pays, notamment à Anbar où les contestataires bloquent la route qui relie l'Irak à la Syrie et à la Jordanie.

bur-gde/feb

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