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Dopage: le voile se lève sur les aveux de Lance Armstrong

17/01/2013 02:42 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

Admirateurs et détracteurs de Lance Armstrong s'apprêtent à découvrir la teneur et l'épaisseur des aveux de dopage du roi déchu du cyclisme, lors d'une confession télévisée dont la première partie doit être diffusée jeudi soir aux Etats-Unis.

Sans entrer dans les détails, la célèbre animatrice américaine Oprah Winfrey a confié que le Texan de 41 ans avait confessé son passé de dopé, lundi, lors de l'enregistrement de leur face-à-face.

+Oprah+, dont beaucoup doutent qu'elle ait su pousser son invité dans ses retranchements, a expliqué qu'un Armstrong "avenant" avait répondu aux questions que "les gens se posent à travers le monde" et s'est déclarée "surprise" par la manière dont l'ancien cycliste avait avoué devant sa caméra.

Selon une source anonyme citée mercredi par le New York Times, Armstrong a "versé des larmes" durant l'enregistrement. D'après une autre source anonyme du New York Daily News, le Texan ne s'est pas montré repentant mais a concédé avoir tenté de dénigrer des personnes qui refusaient de fermer les yeux.

L'Américain s'est expliqué si longuement -2h30- dans un hôtel d'Austin (Texas), la ville où il réside, que la production a décidé d'étaler la diffusion sur deux soirées, jeudi et vendredi à 21H00 (vendredi et samedi à 02H00 GMT), sur la chaîne de l'animatrice (OWN) aux Etats-Unis et sur son site internet (oprah.com).

Il s'agit de la première interview d'Armstrong depuis qu'il a été privé de ses sept victoires sur le Tour de France (1999-2005) et radié à vie, en octobre.

Coïncidence, c'est le jour même de ces aveux télévisés que le Texan a perdu une autre ligne à son CV sportif: jeudi matin, le Comité international olympique lui a demandé de rendre sa médaille de bronze du contre-la-montre des Jeux de Sydney en 2000.

Autre coïncidence: c'est également ce jeudi que le Tour de France, l'épreuve qui l'a rendu célèbre, présentait le départ de son parcours 2014, à Leeds, en Angleterre. "Nul n'aurait imaginé des aveux publics", a reconnu au passage le directeur du Tour, Christian Prudhomme: Mais "pour nous, Lance Armstrong, c'est déjà du passé".

Si le public espère des détails sur sa participation à ce que l'Agence antidopage américaine (Usada) a qualifié de "programme de dopage le plus sophistiqué de l'histoire du sport", il n'est pas certain que l'ex-leader de l'US Postal fasse son grand déballage.

Peu de chance d'entendre Armstrong décrypter devant +Oprah+ les programmes de préparation de l'Italien Michele Ferrari, décrire le contenu de son frigidaire avant les grands rendez-vous ou évoquer la pression psychologique mise sur certains de ses coéquipiers pour qu'ils se dopent.

Il devrait réserver ces détails aux autorités antidopage, en échange pourquoi pas d'une réduction de la suspension à vie qui le prive de compétitions, notamment en triathlon.

L'Agence mondiale antidopage (AMA) l'a encore encouragé mardi à expliquer sous serment comment il avait pu déjouer les contrôles aussi longtemps, et avec quelles complicités.

Selon le New York Times, le Texan serait notamment prêt à faire tomber avec lui l'ancien président de l'Union cycliste internationale (UCI), Hein Verbruggen, et son dirigeant actuel Pat McQuaid, ainsi que des dirigeants de l'US Postal. Mais pas des coureurs. Même s'il rappellera très probablement à Oprah Winfrey qu'il n'était pas le seul à se doper dans le peloton.

En plus de cette confession, après une quinzaine d'années de farouches dénégations, les millions de malades du cancer et d'amoureux du cyclisme qui ont cru à son histoire aimeraient entendre l'idole déchue prononcer quelques mots d'excuses.

Armstrong, avant d'enregistrer cette émission, est d'ailleurs allé demander pardon aux salariés de Livestrong, la fondation de lutte contre le cancer qu'il a créée en 1997, après avoir vaincu la maladie, mais avec laquelle il a dû couper les ponts cet automne.

En fonction de la teneur de sa confession, Armstrong s'expose à des poursuites qui pourraient lui coûter cher.

Sommé de rendre ses primes de victoire et menacé de deux procès au civil pour des sommes qui au total dépasseraient 10 millions d'euros, l'Américain pourrait aussi être assailli par d'anciens parraineurs.

Mais des experts estiment qu'Armstrong, dont la fortune flirterait avec les 100 millions d'euros, a peut-être déjà conclu des accords à l'amiable, notamment avec le gouvernement américain, pour éviter des poursuites pénales.

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