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Des dizaines de personnes auraient été tuées dans le centre de la Syrie

17/01/2013 06:20 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

BEYROUTH - Des soldats gouvernementaux ont attaqué une petite communauté agricole du centre de la Syrie, incendiant des résidences et tuant jusqu'à 106 habitants, ont affirmé jeudi des militants syriens.

L'attaque contre le village de Haswiyeh, près de Homs, se serait produite mardi mais n'a été dévoilée que deux jours plus tard, au fur et à mesure qu'est découverte l'ampleur de la violence.

Cet assaut aux apparences sectaires ressemble à celui lancé en mai contre le village voisin de Houla, qui avait fait 108 morts et qui avait valu au régime de Bachar el-Assad une condamnation internationale.

L'Observatoire syrien des droits de la personne affirme que 106 personnes ont été tuées, dont certaines qui ont été brûlées vives pendant que d'autres étaient poignardées ou abattues. Des familles entières auraient été éliminées, selon l'observatoire, dont une qui comptait 32 membres. On retrouverait au moins 15 femmes et 10 enfants parmi les victimes.

Omar Idilbi, des Comités de coordination locaux, précise que la tuerie de mardi a fait au moins 37 morts. Il a toutefois indiqué que son bilan n'a pas été revu depuis mercredi et que d'autres victimes ont été trouvées depuis.

Un responsable gouvernemental basé à Damas a catégoriquement nié qu'un massacre ait eu lieu dans cette région. Il a ajouté que l'armée protège les populations civiles et leurs biens, avant d'accuser les rebelles d'utiliser les civils comme boucliers humains.

Un quotidien pro-gouvernemental, Al-Watan, a toutefois rapporté jeudi que l'armée syrienne a «nettoyé» les villages de Haswiyeh et de Dweir des hommes armés qui s'y cachaient, sans fournir plus de détails.

Les victimes seraient toutes sunnites et les agresseurs provenaient possiblement du village voisin de Mazraa, qui est majoritairement chiite.

Des affrontements seraient également produits dans la ville de Beit Saham, au sud de la capitale et près de l'aéroport international, et une frappe aérienne aurait fait 15 morts dans la ville de Kfar Nabouedeh, dans la province centrale de Hama.

Pour sa part, le premier ministre de la Jordanie a prévenu que le royaume fermera sa frontière avec la Syrie en cas de violences ou d'un exode de masse si jamais le régime de Bachar el-Assad était renversé.

La Jordanie accueille déjà 285 000 réfugiés syriens et ses ressources en soins de santé, en énergie, en éducation et en eau potable sont épuisées. Abdullah Ensour a expliqué que la Jordanie pourrait déployer des forces spéciales pour créer des zones de sécurité à l'intention des Syriens sur leur propre territoire. Il a ajouté que le gouvernement jordanien n'est plus en contact avec le régime Assad depuis plusieurs semaines.

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