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Boeing Dreamliner 787: l'Europe annonce à son tour un interdit et des inspections

17/01/2013 04:32 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT
AP
A Japan Airlines 787, from which fuel spilled at Boston's Logan International Airport last Tuesday, sits on the tarmac at Narita Airport in Narita, east of Tokyo, Sunday, Jan. 13, 2012. Narita airport officials said JAL reported a 100-liter fuel leak from a filler on the 787 during inspection following recent spate of problems. (AP Photo/Kyodo News) JAPAN OUT, MANDATORY CREDIT, NO LICENSING IN CHINA, HONG KONG, JAPAN, SOUTH KOREA AND FRANCE

TOKYO - La batterie principale placée sous le cockpit du Boeing 787 qui a dû se poser d'urgence au Japon, plus tôt cette semaine, avait tellement surchauffé qu'elle avait commencé à gonfler, a révélé jeudi un enquêteur japonais.

Hideyo Kosugi a fait cette révélation au moment où l'Europe, l'Inde et le Qatar décidaient eux aussi de clouer leurs appareils Dreamliner au sol, imitant la décision annoncée la veille aux États-Unis.

Des responsables américains et un ingénieur de Boeing étaient d'ailleurs attendus au Japon vendredi pour collaborer à l'enquête. L'avion 787 du transporteur All Nippon Airways s'est posé d'urgence dans l'ouest du pays en raison d'un problème avec la batterie et d'une odeur de surchauffe à bord de l'appareil.

M. Kosugi a indiqué que la batterie avait laissé écouler des électrolytes. Les enquêteurs ont trouvé des marques de brûlures autour de la batterie, mais elle ne semblait pas avoir pris feu. M. Kosugi a ajouté que les électrolytes avaient percé le plancher de la salle électrique, selon l'agence de presse Kyodo.

Jeudi, l'Agence européenne de la Sécurité aérienne (AESE) a ordonné que des inspections soient réalisées sur ces appareils impliqués dans une série d'incidents au cours des dernières semaines.

L'organisme européen emboîte ainsi le pas à l'Agence fédérale américaine de l'aviation (FAA) qui, mercredi, a décrété une interruption de l'usage des Boeing Dreamliner 787 afin de procéder à une vérification de sécurité de leurs batteries au lithium.

La décision de l'Agence européenne de la Sécurité aérienne s'applique à tous les transporteurs européens qui comptent le Dreamliner 787 dans leur flotte. Le transporteur polonais LOT pourrait maintenant réclamer une compensation à Boeing après avoir dû clouer au sol ses deux appareils.

Le problème de batterie suggère aux autorités que les ennuis électriques de cet avion à réaction pourraient être plus dangereux que ce qu'on croyait précédemment.

De son côté, Air India a annoncé jeudi avoir reçu l'ordre des autorités indiennes de ne plus utiliser ses six Boeing 787. Le transporteur aérien Ethiopian Air a lui aussi décidé de cesser de faire voler ses 787. Cela signifie que la quasi-totalité des 50 Dreamliners en service à travers le monde sont maintenant cloués au sol.

Boeing mise lourdement sur le 787 mais l'appareil, mis en marché avec trois ans de retard, a depuis été touché par de nombreux problèmes, y compris des fuites de carburant.

Jusqu'à maintenant, plus de 800 commandes ont été placées auprès de Boeing par les transporteurs aériens du monde entier. À lui seul, Air Canada en a commandé 37.