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Benoit McGinnis : le fabuleux destin d'un acteur surdoué (ENTREVUE/PHOTOS))

14/01/2013 03:29 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT
TNM

Deux ans après son interprétation magistrale du prince Hamlet au TNM, Benoit McGinnis s'attaque à un autre grand classique du théâtre, celui de Béranger dans Le roi se meurt. Généralement interprété par des acteurs âgés de plus de 60 ans, le rôle du monarque a cette fois été confié à un jeune trentenaire, qui aura besoin de toute sa vitalité pour jouer dans les trois pièces de théâtre et l'émission quotidienne (30 vies) qui noircissent les pages de son agenda au cours des prochains mois.

Quelques instants après l'ouverture de la pièce écrite par Eugène Ionesco, le roi Béranger apprend qu'il va mourir à la fin du spectacle, exactement 1h30 plus tard. « Ionesco s'amuse à critiquer ceux qui nous gouvernent en imaginant un roi égoïste qui a préféré triper comme un débile toute sa vie plutôt que de gérer son royaume comme il faut. Mais comme Ionesco avait aussi très peur de la mort, il a voulu exorciser quelque chose en confrontant l'homme à sa propre déchéance. À 34 ans, je trouve ça hyper intéressant de jouer les étapes de décomposition d'un personnage jusqu'à sa mort », explique Benoit McGinnis au Huffington Post Québec.

Si l'apprentissage du texte d'Hamlet avait été un défi de tous les instants en 2011, le jeune acteur assure que la partition du roi Béranger s'est révélée encore plus difficile. « Dans Le Roi se meurt, les idées ne se suivent pas nécessairement et les personnages ne se répondent pratiquement jamais. C'est une partition chorale qui impose aux six acteurs d'être tout le temps sur scène. À la première lecture, le texte d'Ionesco semble assez facile, mais en le travaillant, on fait sans arrêt de nouveaux liens. Même une semaine avant la première, on comprend encore des passages du texte. »

Puisque la thématique morbide est abordée avec drôlerie, légèreté et absurdité, l'œuvre d'Ionesco est l'occasion pour McGinnis de jouer la comédie pour une rare fois. « Les gens m'associent aux rôles dramatiques très intenses depuis ma sortie de l'école de théâtre, mais j'adore jouer la comédie, travailler le sens du timing et sentir la salle rire avec moi. J'aimerais beaucoup développer ce côté-là davantage dans le futur. »

Prince du Danemark dans Hamlet, roi Béranger dans Le roi se meurt et directeur d'école dans 30 vies, McGinnis admet avoir un penchant pour les rôles de royauté et d'autorité. « Je pense que mon attirance vient d'un vieux rêve de vivre le power trip d'une rock star. Dans la vie, j'ai l'air d'une crevette et je suis relativement calme, alors je n'ai jamais la chance d'utiliser la force que demande ce genre de personnages. Mais je trouve ça hallucinant comme expérience. »

Au cours des prochaines semaines, l'horaire de l'acteur sera follement rempli par le tournage de la quotidienne de Fabienne Larouche, les représentations au TNM et les répétitions de la pièce Avec Norm, qui débutera au Théâtre du Rideau-Vert en mars. « Je n'aurai pratiquement aucune journée de congé jusqu'à la fin mai, mais ça ne me dérange pas. J'ai été plusieurs mois sans travailler après Hamlet, il y a deux ans. Alors je profite de tout ce qui m'arrive présentement. »

Après les représentations du théâtre musical Sainte-Carmen de la Main, qui prendra l'affiche au TNM en mai, McGinnis n'a pratiquement rien à l'horaire. « Mon été est complètement libre jusqu'au retour de 30 vies. Au théâtre, je n'ai aucune proposition pour la prochaine année, à l'exception de la tournée de Sainte-Carmen. Normalement, ça m'aurait angoissé de n'avoir rien de prévu, mais on dirait que ça ne me dérange pas présentement. Je suis trop occupé par de beaux projets cette année pour m'en faire. »

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Le roi se meurt

15 janvier au 9 février - Théâtre du Nouveau Monde

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