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Benjamin Netanyahu en route pour une réélection pleine d'incertitudes

17/01/2013 03:20 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

Benjamin Netanyahu paraît assuré d'être reconduit à la tête du gouvernement israélien après les élections du 22 janvier, avec comme priorités l'économie et l'Iran, mais aura fort à faire pour satisfaire à la fois la droite extrême et attirer le centre.

Si le résultat laisse peu de suspense, au terme de la campagne électorale "la plus ennuyeuse" de mémoire d'Israélien, l'ampleur de la victoire du Premier ministre sortant et chef du Likoud (droite) est incertaine face à une opposition sans leader et qui s'entredéchire.

Selon les derniers sondages, l'alliance entre le Likoud et le parti nationaliste laïque Israël Beiteinou d'Avigdor Lieberman stagne, créditée de 33 à 35 sièges, contre actuellement 42 à la Knesset (Parlement, 120 députés).

"Se peut-il qu'un vétéran aguerri comme Netanyahu soit en difficulté dans cette campagne, celle où sa victoire est courue d'avance, celle où il est seul en lice pour assurer la conduite de l'Etat?", s'interrogeait récemment l'éditorialiste du quotidien de gauche Haaretz, Aluf Benn.

"Netanyahu n'offre aux Israéliens aucun espoir d'un avenir meilleur, seulement le même vieux refrain", tranchait le rédacteur en chef du journal.

De fait, l'opinion israélienne semble séduite par les sirènes de la droite ultra, incarnée par le chef de la mouvance nationaliste religieuse, le sémillant Naftali Bennett, ex-chef de cabinet de M. Netanyahu, qui a fait fortune dans la haute technologie.

Mais ce dernier "n'a pas encore l'étoffe d'un Premier ministre", relève Efraim Inbar, directeur d'un think-tank conservateur.

Naftali Bennett, le chouchou des colons, qui veut annexer 60% de la Cisjordanie, ambitionne surtout de peser sur la politique de la future coalition. "Nous voulons aussi tenir le volant", a-t-il dit à l'AFP.

A son actif, le libéral Netanyahu peut se targuer d'une économie comparativement en bonne santé mais des nuages s'accumulent, sous la forme d'un déficit budgétaire deux fois plus élevé que prévu, à 39 milliards de shekels (environ 8 mds EUR), pour 2012.

"Il est maintenant évident que la première bombe politique que le prochain gouvernement devra désamorcer sera le budget 2013, sous peine d'une crise de la nouvelle coalition", a averti le quotidien Yediot Aharonot.

Les opposants de Bibi --la nouvelle dirigeante travailliste Shelly Yachimovich en tête, qui espère surfer sur l'énorme vague de mécontentement social de l'été 2011-- ont bondi sur ces chiffres pour fustiger "le chaos économique" qui attend Israël. Mais sans doute trop tard pour changer la donne.

Sur le terrain international aussi, Benjamin Netanyahu pourrait se retrouver sur la sellette.

Il n'a pas réussi jusqu'à présent à convaincre ses alliés, avant tout les Etats-Unis, de la nécessité d'une opération militaire contre les sites nucléaires de l'Iran.

Et M. Netanyahu, chaud partisan de la colonisation, devrait également se retrouver sous pression de la communauté internationale, en particulier des Européens, pour renouer le dialogue, suspendu depuis septembre 2010, avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

Pire encore, ses relations notoirement exécrables avec le président américain réélu Barack Obama, qui aurait dénoncé sa lâcheté politique, font courir à Israël un risque d'isolement diplomatique croissant.

"Même s'il arrive à gagner, les difficultés actuelles ressembleront à une promenade de santé à côté de l'enfer politique qui l'attend après les élections", pronostique Aluf Benn.

C'est la raison pour laquelle nombre d'analystes estiment que Netanyahu va s'efforcer de constituer la majorité la plus large possible, y compris en s'alliant avec les partis modérés de Tzipi Livni, favorable à des négociations avec les Palestiniens, et du laïc Yair Lapid, voire avec la travailliste Yachimovich.

"Il va essayer d'inviter tout le monde", prédit le professeur Inbar. Plus il y aura de partis dans la coalition, moins il sera exposé à un chantage de l'un ou l'autre de ces partis", ajoute-t-il.

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