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Violence due aux armes: Obama présente son plan, un mois après Newtown

16/01/2013 01:04 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

Le président des Etats-Unis Barack Obama a présenté mercredi son plan de lutte contre la violence due aux armes, signant une série de mesures réglementaires et exhortant le Congrès à faire évoluer la législation, un peu plus d'un mois après le massacre d'écoliers à Newtown.

"Nous ne pouvons plus retarder" une action sur le contrôle de la circulation des armes, a affirmé M. Obama lors d'une allocution à la Maison Blanche, face à des familles des victimes de la tuerie de l'école primaire Sandy Hook et des enfants lui ayant écrit après ce drame.

"Le Congrès doit agir. Le Congrès doit agir rapidement", a assuré M. Obama, appelant en particulier les élus à interdire les armes d'assaut et les chargeurs de plus de dix balles et promettant de mettre tout son poids dans la balance.

Il a toutefois concédé que faire progresser ce dossier "sera difficile" vu l'opposition de certains élus à toute mesure semblant empiéter sur le deuxième amendement de la Constitution qui dispose le droit des Américains à porter des armes.

Mais il a argumenté avec passion sur la nécessité de préserver les écoliers de massacres comme celui qui a coûté la vie à 20 petits enfants et six membres de l'encadrement le 14 décembre dernier à Newtown au Connecticut (nord-est).

"Ce à quoi nous devrions penser est notre responsabilité de nous occuper d'eux et de les protéger du mal", a-t-il assuré. "C'est la première tâche qui incombe à notre société".

Le président, qui s'était rendu à Newtown peu après la tuerie, a aussi raconté qu'il avait accroché dans son bureau un dessin d'une petite victime, donné par ses parents, et qu'il lui rappelait chaque jour son devoir d'agir.

A l'issue de son allocution, M. Obama a signé 23 mesures réglementaires, découlant de la réflexion menée par le vice-président Joe Biden, présent à ses côtés.

Ces décrets requièrent notamment un renforcement de la vérification des antécédents des acheteurs d'armes, et ordonnent aux agences gouvernementales d'étudier de nouvelles façons d'empêcher des personnes "dangereuses" d'y avoir accès.

Actuellement, 40% des armes vendues aux Etats-Unis le sont via des transactions de particulier à particulier, ou lors de "foires aux armes" non assujetties à de tels contrôles, a rappelé M. Obama. Jusqu'à 300 millions d'armes à feu sont en circulation dans le pays, soit presque une par habitant.

Côté Congrès, où ses adversaires républicains sont majoritaires à la Chambre des représentants, M. Obama a notamment appelé à réinstaurer l'interdiction des armes d'assaut et des chargeurs d'une capacité supérieure à dix balles, le type d'équipement utilisé par l'assaillant de Newtown.

M. Biden s'est entretenu depuis quatre semaines avec les principaux acteurs du dossier, des associations de membres des forces de l'ordre aux éditeurs de jeux vidéo, en passant par la puissante NRA (National Rifle association), le lobby des marchands d'armes, qui refuse toute nouvelle réglementation.

M. Obama s'est à nouveau défendu mercredi de vouloir empiéter sur le deuxième amendement, mais a rappelé qu'avec les droits venaient aussi des "responsabilités". Il a aussi remarqué que les victimes de coups de feu étaient privées de leurs droits fondamentaux, également protégés par la Constitution.

La NRA, qui depuis le début du premier mandat de M. Obama, l'accuse d'hostilité vis-à-vis des détenteurs d'armes et a l'oreille de nombreux élus républicains, n'a pas attendu l'annonce des mesures de la Maison Blanche pour s'en prendre au président.

Dans un petit film mis en ligne sur son site internet, le lobby, qui a proposé après Newtown de poster des gardes armés devant chaque établissement scolaire, remarque que les filles du président sont protégées par les policiers d'élite du "Secret Service".

"Est-ce que les enfants du président sont plus importants que les vôtres?", demande la NRA en l'accusant d'être un "hypocrite élitiste".

M. Obama n'a pas directement réagi mercredi, mais son porte-parole Jay Carney a dénoncé une vidéo "répugnante et lâche".

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