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RSF presse la Birmanie d'abroger ses lois "liberticides" sur la presse

16/01/2013 06:05 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

Reporters sans frontières a pressé mercredi la Birmanie d'abroger ses lois "liberticides" sur la presse pour instaurer une loi "respectueuse de la liberté de l'information" dans ce pays, longtemps contrôlé par une junte militaire et fermé aux médias.

L'association RSF, basée à Paris, "attire l'attention sur les risques d'une transformation du marché de l'information sans un cadre légal approprié, les problèmes spécifiques rencontrés par les médias en exil, (...) et le manque d'information sur la crise humanitaire" dans la province d'Arakan (ouest).

"L'annonce du ministère de l'Information, le 28 décembre dernier, d'autoriser la publication de quotidiens privés à partir du mois d'avril 2013, illustre l'engagement du pouvoir à poursuivre les réformes. Mais nous attendons maintenant que les actes et notamment la création d'une presse quotidienne indépendante concrétisent les engagements", affirme RSF dans un communiqué.

RSF recommande notamment au gouvernement birman "de réfréner ses actions en justice à l'encontre de la presse et de soutenir, dans les plus brefs délais, l'abrogation des lois liberticides et la promulgation d'une loi sur la presse respectueuse de la liberté de l'information".

L'association rappelle que, malgré la levée de la censure, "la division de vérification et d'enregistrement de la presse (PSRD) n'a pas été supprimée et dispose toujours d'un fort pouvoir de répression sur les médias".

Or "en l'absence de loi protégeant efficacement les médias, le risque est réel que certains journalistes recourent à l'autocensure, après avoir été soumis à la censure pendant des décennies", prévient RSF.

La Birmanie a entrepris depuis un an et demi des réformes de fonds de son système politique. La presse d'Etat a rapporté mercredi qu'une loi utilisée par le passé pour emprisonner des opposants à l'ancienne junte, comme la lauréate du prix Nobel de la paix, devenue députée, Aung San Suu Kyi, avait été abrogée.

are/mdm

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