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Prise d'otages en Algérie liée au conflit au Mali

16/01/2013 01:36 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

L'Algérie, qui a ouvert son espace aérien à la France pour son intervention au Mali, a été mercredi la cible de représailles avec une spectaculaire prise d'otages étrangers menée par un groupe islamiste armé sur un site gazier, faisant deux morts.

L'attaque a débuté mercredi à l'aube sur un site gazier exploité par l'entreprise nationale Sonatrach avec les compagnies britannique British Petroleum et norvégienne Statoil à Tigantourine, à 40 km d'In Aménas, non loin de la frontière libyenne.

Cité par deux sites d'informations mauritaniens, un porte-parole des ravisseurs a assuré que 41 étrangers "dont 7 Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais", avaient été pris en otages. Il a précisé que cinq otages sont retenus dans l'usine et les 36 autres sur un "site d'hébergement".

Washington et Tokyo ont confirmé que des ressortissants américains et japonais se trouvaient parmi les otages, alors que le président français François Hollande a dit ne pas avoir la certitude que des Français étaient retenus.

Cent cinquante employés algériens du groupe français CIS Catering sont également retenus sur le site, mais peuvent y circuler librement, selon le PDG de la société.

Cette prise d'otages est une "réaction à l'ingérence flagrante de l'Algérie autorisant l'usage de son espace aérien par l'aviation française pour mener des raids contre le nord du Mali", a affirmé le porte-parole islamiste.

Le ministre algérien de l'Intérieur Dahou Ould Kablia, soulignant que les autorités ne négocieront pas avec les "terroristes", a indiqué que les ravisseurs avaient demandé à quitter le pays avec leurs otages, ce qu'Alger refuse.

Le ministre a indiqué qu'ils étaient "encerclés" par l'armée et les services de sécurité dans le complexe gazier d'In Aménas.

Selon un employé du site joint par l'AFP, une quarantaine d'étrangers s'y trouvent, et les assaillants réclament la libération de 100 islamistes détenus dans les prisons algériennes.

"Il y a eu deux morts, un Algérien et un Britannique", a dit le ministre de l'Intérieur à la télévision nationale, qui a fait état d'un Britannique, un Norvégien et un Ecossais blessés, ainsi que deux gendarmes et un agent de sécurité algériens.

Interrogé par l'AFP, le ministère britannique des Affaires étrangères n'était pas en mesure de confirmer la mort d'un de ses ressortissants.

"Le groupe terroriste qui a attaqué la base de vie n'est entré ni du Mali, ni de Libye", a souligné le ministre algérien, précisant qu'il s'agissait d'un groupe d'"une vingtaine d'hommes issus de la région".

Le ministre a en précisé que les ravisseurs appartenaient à la brigade de Mokhtar Belmokhtar al-Moulathamine. Surnommé "le Borgne", Belmokhtar est un des chefs historiques d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qu'il a introduit dans le nord du Mali.

Un assaillant joint par téléphone avait auparavant affirmé à l'AFP que les ravisseurs étaient des membres d'Al-Qaïda, venus du Mali, appartenant à la brigade de Mokhtar Belmokhtar.

Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a expliqué qu'à l'issue d'une première attaque, "un groupe de terroristes, fortement armé, arrivé à bord de trois véhicules, a investi mercredi à 05H00 (04H00 GMT), la base-vie de Sonatrach à Tigantourine".

Le groupe s'est dirigé vers cet espace où se trouvent des bâtiments d'habitation, "dont il a investi une partie", prenant en otage "un nombre indéterminé de travailleurs, dont des ressortissants étrangers", a-t-il poursuivi.

L'APS a indiqué que des employés algériens du site ont été libérés par petits groupes, sans préciser leur nombre.

L'Irlande a indiqué qu'un de ses ressortissants, originaire de la province britannique d'Irlande du Nord, faisait partie des otages, tandis que Tokyo évoquait "un certain nombre de Japonais détenus".

L'épouse d'un employé norvégien a indiqué au journal local Bergens Tidende (BT) que son mari lui avait indiqué par téléphone faire partie des otages.

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