NOUVELLES

Les troupes françaises lancent l'assaut terrestre contre les jihadistes au Mali

16/01/2013 06:31 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

BAMAKO, Mali - Les troupes françaises ont avancé mercredi vers les territoires du nord du Mali occupés par les islamistes radicaux, lançant une offensive terrestre qui verra des soldats engager des combats directs «dans les prochaines heures», ont déclaré des responsables militaires.

Un petit nombre de civils a quitté à pied la ville de Diabaly, prise il y a deux jours par les jihadistes qui la contrôlent toujours, malgré une intense offensive aérienne menée par les avions de combat français. Des déplacés sont arrivés à Niono, à 70 kilomètres plus au sud, selon des résidants de la ville.

Ces résidants ont confirmé avoir entendu des tirs mercredi après-midi à Niono. Les tirs provenaient d'un quartier appelé Sahel, où se trouve un poste de commandement de l'armée malienne.

Un citoyen de Niono, Mamadou Haidara, a déclaré que la fusillade avait été brève, mais qu'elle avait mis la ville en état d'alerte. Les citoyens pensent que les militaires ont procédé à des tirs de sommation pour prévenir les islamistes de ne pas s'approcher de la ville.

Les opérations au sol de l'armée française ont commencé durant la nuit, a déclaré le chef d'état-major français, l'amiral Edouard Guillaud, sur la chaîne Europe 1. Il a indiqué que les unités d'infanterie françaises «combattraient directement dans les prochaines heures», sans pouvoir dire à quel moment exactement.

Des véhicules blindés transportant des soldats français ont été vus en train de se diriger vers Niono. La cible des militaires français est Diabaly, au nord de Niono. Les avions de guerre français mènent des frappes à Diabaly depuis la prise de la ville par les islamistes, le week-end dernier.

Ibrahim Komnotogo, un résidant de Diabaly qui dirige un projet d'agriculture financé par l'agence américaine de développement international, était à l'extérieur de la ville quand les jihadistes l'ont encerclée. Il affirme que 20 de ses employés et sous-traitants sont coincés dans la ville, qui compte 35 000 habitants. Il a déclaré à l'Associated Press que les islamistes avaient bloqué les routes et empêchaient les civils de quitter Diabaly.

M. Komnotogo craint que les islamistes se cachent dans les quartiers civils de Diabaly et se servent de la population comme bouclier humain.

«Les jihadistes se sont séparés. Ils ne se déplacent pas en grands groupes. (...) Ils sortent dans les rues par groupe de quatre ou six et ils vivent dans les quartiers les plus densément peuplés», a-t-il dit, en précisant que les rebelles avaient pris les maisons de ceux qui ont fui la ville avant que la route ne soit bloquée.

Les avions français ont bombardé le camp militaire de Diabaly, mais n'ont pas mené de frappes dans la ville même. Les résidants du quartier Bordeaux, situé à seulement 500 mètres du camp, ont évacué les lieux, a déclaré M. Komnotogo. Ils ont trouvé refuge dans le quartier Berlin, à environ un kilomètre des installations militaires.

Les jihadistes «empêchent la population de partir. Nous avons essayé de faire sortir nos employés, mais ils ne peuvent partir», a affirmé M. Komnotogo. «Ils ont garé des camionnettes dans les cours des maisons désertées. Ils portent la barbe et des boubous. Personne n'ose les approcher et tout le monde a peur.»

PLUS:pc