NOUVELLES

Les problèmes du 787 pourraient coûter cher à Boeing

16/01/2013 01:25 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

Boeing pourrait risquer gros si les problèmes de son 787 "Dreamliner" continuaient alors que le constructeur américain a placé cet avion innovant et économe en carburant au centre de sa stratégie.

Prenant le contre-pied du géant A380 d'Airbus, Boeing a conçu le 787 comme un avion flexible, capable d'opérer sur des longs-courriers transatlantiques ou transpacifiques, mais surtout plus économe en carburant grâce à une conception très innovante et à une part inédite de matériaux composites plus légers.

"Le futur de Boeing est lié au 787", admet Michael Boyd, expert du Boyd Group, interrogé par l'AFP.

Or cet avion vitrine des technologies avancées du groupe de Chicago souffre depuis son lancement de problèmes techniques à répétition, qui ont entraîné plus de trois ans de retard sur sa première livraison, à la compagnie japonaise ANA.

Les avaries se sont récemment accélérées avec sept incidents en deux semaines, ce qui a conduit mercredi soir l'autorité fédérale de l'aviation (FAA) à ordonner mercredi à tous les opérateurs de 787 enregistrés aux Etats-Unis de ne plus le faire voler jusqu'à nouvel ordre.

Dans la journée de mercredi, les deux compagnies aériennes japonaises JAL et ANA avaient déjà décidé de suspendre tous leurs vols sur des 787.

"Les coups pleuvent sur le 787" remarque Deutsche Bank, dans une note d'analystes.

Pour Loren Thompson, du cabinet de conseil spécialisé Lexington Institute, les incidents rencontrés (début d'incendie, fuite de carburant, bris de glace dans la cabine de pilotage...) "n'ont pas produit de dégâts importants ni entraîné de décès, et s'apparentent donc aux problèmes qui affectent tous les nouveaux avions".

Toutefois, la décision des compagnies japonaises de clouer au sol leurs appareils, qui représentent près de la moitié de la flotte de cinquante 787 en circulation dans le monde, "pourraient peser sur les ventes" futures et sur "le cours de l'action", a-t-il ajouté, interrogé par l'AFP.

A la Bourse de New York, l'action du groupe a terminé en baisse de 3,38% à 74,34 dollars. Elle a perdu 3,5% depuis le début de l'année.

Les compagnies qui ont commandé le 787 n'ont pour la plupart pas changé leurs plans depuis les incidents, mais l'an dernier le carnet de commandes de l'avion a baissé de 12 unités.

"Avec des données disponibles limitées, et ANA et Japan Airlines qui clouent au sol leurs flottes, nous pensons que l'attention des investisseurs va naturellement se porter vers les scénarios du pire", ajoute la banque Barclays dans une note.

Pour Barclays, cela comprend "le coût potentiel des réparations qui pourraient être requises pour assurer la confiance des clients dans l'avion, de possibles annulations ou reports de commandes, avec les conséquences que cela aurait sur la trésorerie de Boeing et ses résultats".

Alors que le groupe tente d'accélérer sa cadence de production (il prévoit de fabriquer dix 787 par mois d'ici la fin de l'année, au lieu de cinq), la série noire de Boeing pourrait perturber la chaîne d'approvisionnement.

Si les dizaines de sous-traitants qui contribuent à la fabrication éclatée en multiples sites du 787 dans le monde se retrouvent sur la sellette, notamment au Japon, cela pourrait ralentir le rythme de fabrication, note Barclays, qui estime cependant que "les pires scénarios sont peu probables".

Pour Michael Boyd, Boeing va peut-être aussi devoir "payer des dommages et intérêts" aux compagnies clientes si les livraisons sont trop en retard, ou s'il y a des défauts prouvés.

Mais "tous "ces problèmes vont passer très vite", estime-t-il.

Selon lui, les clients de Boeing s'attachent surtout aux bénéfices qu'ils attendent du 787 en termes de coûts, et notamment d'économies en carburant.

ved/jum/are/mdm

PLUS:afp