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Le bénéfice de JPMorgan Chase a bondi de 55 pour cent au quatrième trimestre

16/01/2013 12:54 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - Le chef de la direction de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, verra son salaire réduit de moitié en raison d'une perte de courtage qui a coûté plus de six milliards $ US à la banque l'an dernier et a fait l'objet de sanctions imposées par les autorités réglementaires fédérales.

La banque, la plus grande des États-Unis au chapitre des actifs, a indiqué que la rémunération de M. Dimon passerait à 11,5 millions $ US en 2012, soit 1,5 million $ US en salaire et 10 millions $ US en diverses primes. Il avait touché l'année précédente 23 millions $ US, ce qui en faisant le chef de la direction le mieux rémunéré de toutes les grandes banques du pays.

La perte, attribuable à des investissements complexes dans des produits dérivés de crédit, a terni la réputation de gestionnaire scrupuleux de la banque et marqué un revers personnel pour M. Dimon, critique de longue date des efforts pour resserrer la surveillance réglementaire des grandes institutions financières américaines.

Jamie Dimon s'est présenté à deux reprises devant le Congrès pour s'excuser et expliquer comment les pertes s'étaient matérialisées.

JPMorgan Chase a dévoilé mercredi deux rapports internes sur la perte, alors même qu'elle faisait état d'une hausse de 55 pour cent de son bénéfice pour le quatrième trimestre de 2012. Le conseil d'administration de la banque a conclu que la perte était une «sérieuse erreur», mais il a aussi fait l'éloge de M. Dimon pour sa réponse à la crise, laquelle a notamment vu à la fermeture de la division responsable de la perte et au licenciement de certains hauts dirigeants.

Lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes, M. Dimon a admis mercredi que la perte de courtage pourrait causer plus de maux de tête réglementaires à la banque. «Les sociétés ont des problèmes, a-t-il déclaré. Ce problème nous a embarrassés. Nous le réglons.»

M. Dimon avait initialement rejeté les inquiétudes au sujet de la perte de courtage l'an dernier, avant que son ampleur ne soit connue. Il avait alors parlé de «tempête dans un verre d'eau».

Lundi, la Réserve fédérale des États-Unis et le Bureau du contrôleur de la devise, deux autorités réglementaires du secteur bancaire, ont imposé des sanctions à JPMorgan pour la perte de courtage et lui ont ordonné de resserrer ses procédures de gestion du risque. JPMorgan, qui n'a pas admis ou nié de tort dans cette affaire, a dit qu'elle travaillait fort pour corriger tout problème.

Dans son rapport, le conseil d'administration de la banque a critiqué les anciens leaders du groupe responsable de la perte en affirmant qu'ils n'avaient pas informé le conseil des problèmes potentiels et avaient utilisé des modèles de calcul du risque qui n'avaient pas été approuvés.

Lorsque le Wall Street Journal a d'abord écrit sur les pertes, au moins un dirigeant responsable des investissements a rejeté les dires du journal en affirmant qu'ils «reposaient sur une perception imprécise du marché voulant que le portefeuille ne soit pas couvert» ou protégé contre les pertes, d'après le conseil.

Les dirigeants, dans leur propre rapport, ont indiqué que les courtiers et les gestionnaires ne comprenaient pas les risques qu'ils encouraient, qu'ils sous-estimaient leurs pertes potentielles et qu'ils n'avaient pas fait de suivi adéquat lorsque des doutes ont été soulevés sur leur portefeuille.

JPMorgan Chase a affiché mercredi un profit de 5,3 milliards $ US après versement des dividendes privilégiés, comparativement à 3,4 milliards $ US pendant la même période un an plus tôt.

Le bénéfice par action a grimpé à 1,40 $ US, un niveau largement supérieur à celui de 1,16 $ US attendu par les analystes questionnés par le service d'analyse FactSet.

Les revenus de JPMorgan Chase ont également surpassé les prévisions. Ils ont connu une hausse de 10 pour cent pendant l'année, pour atteindre 24,4 milliards $ US, en excluant une charge comptable. Les prêts hypothécaires ont quant à eux bondi de 33 pour cent.

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