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L'AIEA de retour à Téhéran pour arracher un accord sur le nucléaire iranien

16/01/2013 05:04 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT

Des experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) négociaient mercredi à Téhéran la signature d'un "accord global" sur le dossier nucléaire controversé de l'Iran, qui continue à défendre fermement ce qu'il estime être ses "droits".

Rien n'a filtré sur l'avancée des entretiens entre la délégation de huit personnes, menée par le Belge Herman Nackaerts, et les responsables iraniens au siège de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. Les médias iraniens restaient silencieux sur le déroulement des discussions qui ont débuté dans la matinée, alors que les inspecteurs onusiens devaient quitter l'Iran en soirée.

Cet accord permettrait à l'AIEA d'enquêter librement sur la finalité du programme nucléaire iranien, soupçonné d'avoir des visées militaires. L'agence onusienne tente d'obtenir un accès plus large à certains sites, documents ou individus, et notamment à la base militaire de Parchin, où l'AIEA soupçonne l'Iran d'avoir procédé à des tests d'explosions conventionnelles susceptibles d'être utilisées pour déclencher une bombe atomique.

Téhéran a refusé jusqu'à présent un certain nombre de demandes de l'agence qui vérifie déjà une large part de ce programme, estimant qu'elles allaient au-delà de ses obligations dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Les négociations sont dans l'impasse depuis plusieurs années. A la mi-décembre, après une visite à Téhéran, M. Nackaerts avait espéré la signature d'un accord ce mercredi, mais il s'est montré cette fois plus prudent.

"Nous abordons (ces nouvelles discussions) dans un esprit positif et nous comptons sur l'Iran pour travailler avec nous dans le même esprit", a-t-il déclaré mardi avant son départ de Vienne.

Mais pour Téhéran, si l'AIEA veut davantage de coopération, elle doit reconnaître "pleinement les droits nucléaires" de l'Iran, dont celui à l'enrichissement d'uranium qui est au coeur du conflit avec la communauté internationale.

L'Iran a également écarté une visite à Parchin. La base "n'a aucun lien avec les activités nucléaires" de l'Iran et cette question ne pourra être discutée que dans le cadre d'un éventuel accord global, selon le porte-parole de la diplomatie iranienne, Ramin Mehmanparast.

L'AIEA et la communauté internationale redoutent que l'Iran, en dépit de ses dénégations répétées, ne cherche à se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil.

Cette réunion sera suivie avec intérêt par le groupe "5+1", interlocuteur de Téhéran sur la question nucléaire iranienne depuis 2009, avant une reprise prochaine de pourparlers politiques dans l'impasse depuis trois ans.

Le groupe, qui comprend les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne) et l'Allemagne, s'est mis d'accord avec l'Iran sur une date, mais pas encore sur un lieu, a annoncé M. Mehmanparast mardi.

Le programme nucléaire iranien a été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité, dont quatre assorties de sanctions internationales, renforcées unilatéralement par les Etats-Unis et l'Union européenne.

Le coeur du conflit porte sur l'enrichissement massif d'uranium par l'Iran, officiellement à des fins purement civiles. Les grandes puissances redoutent que les stocks et la technologie accumulés par Téhéran ne permettent de produire rapidement de l'uranium enrichi à plus de 90%, nécessaire à la fabrication de l'arme atomique.

Pour prouver sa bonne foi, Téhéran s'est dit mardi prêt à "enregistrer comme un document international" des déclarations présentées comme une "fatwa" (décret religieux) du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qualifiant l'arme atomique de "haram", c'est-à-dire interdite par l'islam.

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