POLITIQUE

La France invite le Canada à appuyer financièrement la mission au Mali

16/01/2013 04:26 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT
AP
Canada's Minister of Defense Peter MacKay and CFB Trenton Commanding Officer Col. Sean Friday speak during a news conference at CFB Trenton, in Trenton, Ontario, Tuesday Jan. 15, 2013. Canada is contributing one of its large C-17 military cargo planes to deliver supplies to the capital of Mali after a request from France. Prime Minister Stephen Harper insists no Canadian Forces personnel will be involved in any combat action in the landlocked West African country. (AP Photo/The Canadian Press, Lars Hagberg)

OTTAWA - La France est reconnaissante de la contribution canadienne à la mission militaire au Mali — qui a pris la forme d'un avion de transport — mais un soutien financier à la force internationale serait également apprécié, a indiqué mercredi l'ambassadeur français à Ottawa.

Philippe Zeller a par ailleurs laissé entendre que l'utilisation de cet avion cargo C-17 pourrait s'avérer un peu plus longue que l'engagement prévu d'une semaine.

L'ambassadeur a émis cette suggestion mercredi, tout juste après que le président français François Hollande eut discuté par téléphone avec le premier ministre Stephen Harper.

Dans un communiqué concernant la conférence téléphonique, le bureau de M. Harper n'a cependant pas fait mention du possible prolongement de la mission de l'avion C-17.

M. Zeller a également déclaré à La Presse Canadienne que la résolution des Nations unies sur le Mali, adoptée le mois dernier, entrouvre la porte pour que le Canada et d'autres pays soutiennent financièrement la mission internationale formée de militaires africains et français, y compris, à terme, 2500 soldats provenant de l'Hexagone.

M. Zeller, ainsi que l'ambassadrice du Mali et l'émissaire de la Côte-d'Ivoire, ont rencontré mercredi le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, pour discuter de stratégie à propos de cette crise.

Le président de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, est actuellement le président de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), un important bloc politique régional.

M. Zeller a fait valoir que la résolution d'appui au Mali ouvrait la porte au Canada et à d'autres pays pour que ceux-ci puissent fournir des fonds afin de soutenir la mission internationale.

«Nous avons dans les jours qui viennent des étapes importantes, dont la mise en oeuvre de la résolution 2085, la manière dont les États membres concernés vont participer au financement [de la mission], ainsi que l'aide à apporter au Mali», a-t-il déclaré à la suite de la rencontre à Ottawa.

L'ambassadeur rejette par ailleurs toute comparaison entre le Mali et l'Afghanistan, bien qu'il admette que la menace terroriste doit être contenue avant qu'elle ne déstabilise l'Afrique de l'Ouest.

«Il est clair qu'il ne s'agit pas seulement d'une attaque contre le Mali lui-même, mais contre la sécurité de la région entière de l'Afrique de l'Ouest. En ce sens, je ne partage pas l'opinion voulant qu'il n'y ait pas d'intérêt important de la part d'autres pays.»

La France endosse de plus en plus un rôle de gendarme en Afrique, alors que le Canada imite le Royaume-Uni et les États-Unis en demeurant dans l'ombre.

M. Zeller estime cependant qu'il est faux d'affirmer que la France est laissée seule par ses alliés occidentaux pour accomplir la plus grande partie du travail.

L'État français a répondu à une demande d'aide directe de la part du président malien, lorsqu'il est apparu que les insurgés, dans le Nord, étaient en position d'effectuer des gains dans le Sud, y compris la capitale Bamako. Vendredi dernier, la France a répliqué avec la première de ce qui devait être plusieurs dizaines de frappes aériennes.

Au dire de l'ambassadeur Zeller, la France n'avait pas d'autre choix que «d'intervenir aussi tôt que possible lorsqu'il est devenu évident que ces terroristes étaient en voie de décider d'attaquer la partie sud du pays. «Il est désormais clair que sans une intervention, nous aurions pu avoir une très mauvaise situation à Bamako», a-t-il soutenu.

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