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La FEUQ réclame une surveillance indépendante du financement universitaire

16/01/2013 11:59 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) entend réclamer une surveillance indépendante des états financiers des universités lors de la rencontre préparatoire au Sommet sur l'enseignement, jeudi et vendredi à Sherbrooke.

«Ce sont (les recteurs) qui distribuent l'argent des programmes via leurs propres instances et, donc, évidemment, les discussions sont tenues à huis clos et nous croyons qu'au niveau des contribuables et des étudiants nous devons avoir l'heure juste sur ce qui se passe au niveau du réseau universitaire», a déclaré la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, mercredi en présentant le mémoire que son organisme déposera lors de cette rencontre, qui portera sur la gouvernance et le financement des universités.

Ainsi, la Fédération demandera la mise sur pied d'une commission indépendante chargée de superviser l'administration des universités, regroupant des membres du milieu universitaire, incluant des étudiants, mais aussi de l'extérieur du réseau.

La FEUQ demande également au gouvernement de permettre au Vérificateur général de se pencher sur les états financiers des universités, comme il le fait pour d'autres organismes, rappelant que c'est ce dernier qui a fait la lumière sur le fiasco immobilier de l'îlot Voyageur de l'UQAM.

«Lorsqu'on fait des débats de chiffres et qu'on nous dit qu'il faut croire au sous-financement universitaire, ce n'est pas une religion le sous-financement universitaire, a fait valoir Mme Desjardins. Il faut avoir des faits, il faut avoir des données et nous croyons, puisque le gouvernement du Québec a ouvert les mandats du Vérificateur général à plusieurs instances publiques, qu'il est grand temps qu'on le fasse aussi pour le réseau universitaire.»

La Fédération estime d'une part que le manque de transparence entourant l'attribution des fonds ne peut plus être justifié dans le contexte actuel. D'autre part, elle reproche aux universités de faillir à leur mission première d'enseignement et de recherche en consacrant des sommes trop importantes aux immobilisations et à l'effort de recrutement compétitif.

Selon l'organisme, les redditions de comptes présentées à tous les trois ans par les universités au gouvernement du Québec doivent être reléguées aux oubliettes.

«On se rend compte que, non seulement nos élus sont mal préparés pour poser des questions, mais également que les dossiers sont mal préparés, sont mal faits, qu'il manque souvent des données et, donc, on a un problème de transparence», a indiqué la présidente de la FEUQ.

Par ailleurs, Martine Desjardins conteste vigoureusement les chiffres avancés par la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) faisant état d'un sous-financement à hauteur de 850 millions $ des universités québécoises comparativement aux institutions ailleurs au pays.

«Si un étudiant à la maîtrise ou au doctorat avait fait une telle étude comparative, on l'aurait retourné faire ses devoirs, a-t-elle laissé tomber. Ce n'est pas tout de dire qu'on est sous-financé; il faut être capable d'évaluer ses propres besoins.»

Sans surprise, la FEUQ maintient sa position en faveur d'un gel des frais de scolarité.

À Québec, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, ne s'est pas prononcé sur les chiffres avancés par les recteurs mais a indiqué que la rencontre de jeudi et vendredi sera l'occasion pour les participants de poser leurs questions à ce sujet.

«On pourra débattre et les différents partenaires pourront poser les questions sur l'étude, sur la méthodologie, sur les chiffres et si on peut même amener d'autres informations, a-t-il dit en point de presse. C'est ça un débat, c'est ça un dialogue.»

Le ministre Duchesne n'a par ailleurs pas écarté la possibilité d'ouvrir les livres universitaires au Vérificateur général, reléguant les discussions sur cette question au sommet.

«Pour l'instant, ce qu'il faut, c'est que les partenaires se parlent, a-t-il dit. On verra plus tard ce qu'il faut faire. Mais pour permettre au Vérificateur général d'aller dans les universités, il faut qu'il y ait des conditions et tout ça.»

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