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Kathryn Bigelow se porte à la défense des scènes de torture de son film

16/01/2013 12:30 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

LOS ANGELES, États-Unis - La réalisatrice Kathryn Bigelow persiste et signe: la torture a sans contredit été l'un des moyens mis à profit afin de localiser Oussama ben Laden, et il était approprié de dépeindre cette réalité dans son dernier film, «Opération avant l'aube».

Le film s'ouvre sur un message déclarant qu'il est inspiré d'éléments contenus dans les rapports d'événements officiels.

Mais la sénatrice démocrate de la Californie, Dianne Feinstein, et d'autres législateurs ont critiqué le long métrage — celui-ci, soutiennent-ils, est trompeur pour le public puisqu'il laisse entendre que la torture a permis de trouver à quel endroit Oussama ben Laden se terrait.

Certains législateurs ont demandé à Sony Pictures d'inclure une mise en garde afin de prévenir le public que le film est une oeuvre de fiction.

Dans une lettre ouverte parue mercredi dans le Los Angeles Times, Kathryn Bigelow souligne que les spécialistes ne s'entendent pas sur les faits liés à cette traque et fait valoir que le débat se poursuivra «sans aucun doute».

La réalisatrice n'avait pas encore réagi publiquement à la controverse suscitée par son long métrage.

«En ce qui a trait à ce que je crois personnellement, ce qui a fait l'objet de recherches, d'accusations et de spéculations, je pense qu'Oussama ben Laden a été retracé grâce à un ingénieux travail d'investigation», écrit la cinéaste.

«Malgré tout, la torture a été employée dans les premières années de la traque, comme nous le savons tous. Cela ne signifie pas que ce fut l'élément-clé ayant permis de retrouver Ben Laden. Cela signifie que (la torture) fait partie de l'histoire et que nous ne pouvions en faire abstraction», poursuit-elle.

Kathryn Bigelow plaide que la torture fait partie de l'histoire et estime que les critiques lui ayant été adressées devraient plutôt être dirigées vers les véritables responsables.

«Je me demande si certains des sentiments qui ont été exprimés au sujet du film devraient être dirigés à ceux qui ont mis en place et ordonné ces politiques américaines, et non à un film qui transpose l'histoire à l'écran», suggère la réalisatrice.

La controverse est telle que le film «Opération avant l'aube», qui était considéré parmi les favoris en prévision des Oscar, pourrait en souffrir lors de la soirée de remise de prix.

La semaine dernière, la coprésidente des studios Sony Pictures, Amy Pascal, a répondu vigoureusement à la campagne anti-Oscar qui a été mise en branle pour nuire aux chances du long métrage d'être primé au Dolby Theater.

Cette campagne, lancée par le comédien Ed Asner et soutenue par d'autres acteurs hollywoodiens, «porte atteinte à la liberté d'expression des artistes» et cela est «aberrant», a martelé Mme Pascal.

Il y a quelques semaines, «Opération avant l'aube» semblait se diriger tout droit vers la consécration. On lui prédisait la statuette du meilleur film. Les critiques lui décernaient des prix. Tout semblait en place.

La semaine dernière, le long métrage a obtenu cinq nominations aux Oscar, incluant dans la catégorie du meilleur film. Le week-end dernier, il a terminé en première position du box-office avec des recettes frôlant les 25 millions $.

La 85e cérémonie des Oscar aura lieu le 24 février.

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