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Des salafistes marocains fustigent la "croisade" française au Mali

16/01/2013 02:08 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

Plusieurs dignitaires salafistes au Maroc ont vivement dénoncé mercredi l'intervention militaire de la France au Mali, la qualifiant de "croisade", et traitant "d'impies" tous les musulmans qui y participent directement ou indirectement.

"Aucun Etat islamique ne doit fournir de facilités, comme l'utilisation des espaces aériens, à des Etats non musulmans contre un Etat musulman. C'est formellement interdit par l'islam", a écrit Omar Haddouchi, un célèbre cheikh salafiste marocain sur sa page officielle Facebook.

L'Algérie et le Maroc ont autorisé le survol de leur territoire par les avions militaires français engagés depuis près d'une semaine au Mali.

"Quiconque a fourni de l'aide aux non-musulmans est considéré comme un impie", a encore affirmé M. Haddouchi.

Un autre salafiste marocain, le cheikh Mohamed Rafiki, a écrit, également sur sa page officielle Facebook qu'il "ne faut en aucun cas soutenir les forces occupantes dans leur agression contre des pays musulmans".

"Aucun étranger n'a le droit de s'immiscer dans les affaires intérieures d'un Etat musulman, quelqu'en soit le prétexte", a renchéri Hassan Kettani, un des salafistes les plus connus au Maroc.

Ces cheikhs ont été condamnés à des peines de 10 à 30 ans pour incitation à la violence après les attentats de Casablanca de mai 2003, qui avaient fait 45 morts dont 12 kamikazes. Ils ont tous trois été graciés par la suite.

Selon le politologue Mohamed Darif, "il faut faire la différence entre le salafisme traditionnel et le salafisme jihadiste qui est très violent."

"Le premier est financé par l'Arabie Saoudite et le Qatar et le second, lui, est lié à Al-Qaïda", a-t-il affirmé à l'AFP.

Outre l'autorisation du survol de son territoire par les avions de l'armée française, le Maroc a exprimé sa solidarité avec le Mali.

"Le Maroc exprime sa solidarité (...) face à ces mouvements séparatistes qui menacent la paix et la sécurité non seulement au Sahel mais au-delà, au Maghreb et ailleurs", a déclaré à l'ONU le ministre délégué aux Affaires étrangères et à la coopération, Youssef Amrani.

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