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Des islamistes prennent des otages étrangers dans un complexe gazier en Algérie

16/01/2013 09:10 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

ALGER, Algérie - Des militants islamistes ont attaqué mercredi un complexe de production de gaz naturel opéré par des entreprises étrangères dans le sud de l'Algérie, dans ce qui pourrait être le premier débordement transfrontalier de l'intervention française au Mali.

Deux personnes, un Britannique et un Algérien, ont été tuées dans l'attaque. Les assaillants, qui auraient pris en otages plusieurs dizaines d'étrangers, occupaient toujours le complexe mercredi soir.

Un groupe extrémiste a revendiqué la responsabilité de l'attaque, affirmant qu'il s'agissait d'un acte de représailles pour le soutien de l'Algérie envers l'opération française contre les jihadistes au Mali. Le groupe affirme détenir 41 étrangers, dont sept Américains.

Les forces de sécurité algériennes ont encerclé le complexe. Selon l'agence de presse officielle algérienne APS, plus de 20 personnes sont retenues en otages, dont des Américains, des Britanniques, des Norvégiens, des Français et des Japonais.

Le ministère canadien des Affaires étrangères ne pense pas que des Canadiens fassent partie des otages. Au moins un Canadien travaille dans le complexe, opéré conjointement par le géant britannique BP, la société norvégienne Statoil et l'entreprise nationale algérienne des hydrocarbures, Sonatrach.

Le porte-parole de Statoil, Lars Christian Bacher, a indiqué que son entreprise comptait 13 employés norvégiens et un canadien sur les lieux, et que deux d'entre eux avaient subi des blessures mineures.

Le nombre et l'identité des otages ne sont pas très clairs pour l'instant, mais l'Irlande a annoncé qu'un de ses citoyens, âgé de 36 ans, faisait partie des otages. Une Norvégienne a déclaré que son mari l'avait appelée pour lui dire qu'il était pris en otage.

Le ministre algérien de l'Intérieur, Daho Ould Kabila, a indiqué que les forces de sécurité algériennes encerclaient le complexe. Un Britannique et un Algérien ont été tués dans l'attaque, tandis qu'un Norvégien et deux autres Britanniques font partie des six blessés, a-t-il dit.

Des centaines d'Algériens travaillent dans le complexe et ont eux aussi été pris en otages, mais selon APS, il ont été libérés graduellement en petits groupes au cours de la journée. Ils n'ont pas été blessés.

Un groupe appelé Katibat Moulathamine («La Brigade masquée») a téléphoné à une agence de presse mauritanienne pour revendiquer l'attaque dans le champ gazier d'Ain Amenas. Le groupe a déclaré avoir pris 41 otages de neuf ou dix nationalités différentes, dont sept Américains.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a déclaré mercredi que les États-Unis prendraient «toutes les mesures nécessaires et appropriées» pour faire face à cette «attaque terroriste». Il n'a pas voulu donner plus de détails.

Le champ gazier d'Ain Amenas se trouve à plus de 1000 kilomètres de la frontière avec le Mali, mais à seulement 100 kilomètres de la frontière libyenne.

La Brigade masquée a été fondée par l'homme fort d'Al-Qaïda dans la région du Sahara, Mokhtar Belmokhtar, un Algérien borgne qui a récemment annoncé qu'il quittait Al-Qaïda au Maghreb islamique pour fonder sa propre organisation. Il avait alors déclaré qu'ils continuerait malgré tout de maintenir des liens avec Al-Qaïda.

«Nous rejetons toute négociation avec le groupe», a déclaré le ministre algérien de l'Intérieur à la télévision nationale, suggérant la possibilité d'un assaut armé pour tenter de libérer les otages.

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