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Bergeron accueille tièdement la création de la nouvelle escouade montréalaise

16/01/2013 02:09 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Mis devant le fait accompli, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, accueille sans enthousiasme et avec réserve la création de la nouvelle escouade anticorruption de la Ville de Montréal.

Le ministre Bergeron n'a pas été consulté par l'administration municipale sur la pertinence de créer cette nouvelle unité en sus de l'escouade Marteau _ formée il y a trois ans _, bras armé de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

En point de presse, mercredi, M. Bergeron cachait mal son agacement d'avoir été tenu à l'écart des discussions de coulisses.

«Nous n'avons pas été consultés, nous avons été informés», a-t-il admis devant les journalistes peu avant la réunion hebdomadaire du conseil des ministres à Québec.

Le nouveau maire de la métropole, Michael Applebaum, a annoncé vendredi dernier la mise sur pied de l'Escouade de protection de l'intégrité municipale (EPIM) à laquelle seront affectés une vingtaine de spécialistes et de policiers enquêteurs.

Dans leur lutte contre la corruption et la collusion, les responsables de l'EPIM pourront, a dit le maire, déclencher des enquêtes lorsqu'ils le jugeront à propos.

Dotée d'un budget spécial de 3 millions $, l'EPIM ne limitera pas son mandat au secteur de la construction et pourra scruter tous les services municipaux.

Prudent, pesant chacun de ses mots, le ministre de la Sécurité publique a dit croire que la nouvelle escouade montréalaise fera oeuvre utile pour autant qu'elle partage ses informations avec l'UPAC et évite le piège de travailler en silo.

«Je ne suis pas mi-figue mi-raisin, je n'ai pas de raison de penser d'emblée que ce ne soit pas une bonne chose, mais ce que je crains, parce que vous le savez, on l'a déjà vécu, c'est qu'on puisse se retrouver à nouveau avec des chasses gardées où l'information ne circulerait pas de façon fluide. Donc, ça, c'est ce que je crains», a laissé tomber M. Bergeron.

Le directeur du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, a pourtant assuré il y a quelques jours que l'EPIM _ présentée comme une «police d'assurance supplémentaire» _ travaillera en complémentarité avec l'UPAC et l'escouade Marteau.

«Comme le SPVM fait partie de Marteau, il n'y a pas lieu de penser d'emblée qu'il n'y aura pas une bonne collaboration et de bons échanges d'information», a concédé le ministre Bergeron.

«Si tel est le cas, cela peut s'avérer effectivement très positif dans les efforts destinés à lutter contre la corruption à Montréal et ailleurs sur le territoire du Québec», a-t-il ajouté.

En soi, la création de l'EPIM est une bonne chose, a pour sa part estimé le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault.

Comme son collègue de la Sécurité publique, M. Gaudreault a cependant précisé que les canaux de communication devront rester ouverts entre les différentes unités d'enquête.

«Il faut bien sûr que tout cela soit arrimé avec ce qui existe déjà, mais je pense que c'est une bonne initiative», a-t-il déclaré.

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