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Armes à feu: le président Barack Obama annonce un programme ambitieux de 500 M$

16/01/2013 07:41 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président des États-Unis, Barack Obama, a annoncé mercredi le lancement du plus important effort en deux décennies pour freiner la violence causée par les armes à feu, avec un programme de 500 millions $ US qui prévoit notamment l'interdiction des fusils d'assaut et des chargeurs de grande capacité.

L'initiative survient à peine un mois après la fusillade dans une école primaire du Connecticut, qui a fait 26 morts, dont 20 enfants.

Le président Obama a également signé 23 décrets présidentiels, des mesures qui ne requièrent pas l'approbation du Congrès.

En vertu de ces décrets, les agences fédérales devront rendre plus de données disponibles pour les vérifications d'antécédents. Un directeur à temps plein sera nommé à la tête du Bureau de l'alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs, tandis que les Centres pour le contrôle des maladies devront faire de la recherche sur la violence causée par les armes à feu.

Lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, le président a toutefois admis que les mesures les plus efficaces devraient être prises par les élus du Congrès.

«Pour faire une véritable différence, le Congrès devra agir», a dit M. Obama. «Et il devra agir bientôt.»

Barack Obama était entouré d'enfants qui lui ont écrit des lettres sur la violence causée par les armes dans les semaines ayant suivi la fusillade au Connecticut. Les familles des enfants tués dans la fusillade, de même que des survivants, étaient également présents dans la salle.

Cette annonce présidentielle promet de déclencher une lutte acharnée des groupes de défense des armes à feu, qui affirment depuis longtemps à leurs partisans que le président Obama veut leur enlever leurs armes.

Le lobby des armes à feu estime que toute action pour contrôler les armes est une attaque contre le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis, qui garantit le droit individuel de porter des armes.

Les critiques de cette position vont valoir que les pères fondateurs des États-Unis n'auraient jamais pu imaginer l'existence des fusils d'assaut il y a 200 ans, à une époque où les armes à feu servaient à la défense des communautés, et non des individus. À l'époque, les armes, qui ne pouvaient tirer qu'un seul coup à la fois, étaient entreposées dans des lieux collectifs, rappellent-ils.

Ce pays «est une terre de liberté et le pays des braves, et il le sera toujours», a dit le président, en reconnaissant le droit des Américains de posséder des armes. «Mais nous avons aussi compris depuis longtemps (...) qu'avec les droits viennent des responsabilités.»

Les partisans du contrôle des armes craignent que l'opposition de la puissante National Rifle Association (NRA) et de ses alliés au Congrès soit impossible à surmonter.

La NRA a diffusé mercredi une vidéo qui qualifie Barack Obama d'«élitiste hypocrite» parce qu'il dispose d'agents armés du Secret Service pour protéger ses filles quand elles sont à l'école, mais qu'il refuse de déployer des policiers armés dans toutes les écoles du pays. La NRA estime que pour éviter d'autres tueries comme au Connecticut, la solution est de fournir plus d'armes aux «bons gars».

La Maison-Blanche a réagi à la vidéo de la NRA en la qualifiant de «répugnante» et de «lâche».

Le public américain semble réceptif à un renforcement des lois fédérales sur les armes. Selon un récent sondage Associated Press-GfK, 55 pour cent des Américains sont d'accord avec l'interdiction des armes de style militaire. Le sondage indique aussi que 84 pour cent des personnes interrogées sont favorables à l'établissement de normes fédérales pour la vérification des antécédents de ceux qui veulent se procurer des armes.

Les trois quarts des sondés ont déclaré avoir ressenti une profonde colère après la fusillade au Connecticut, tandis que 54 pour cent se sont dits profondément honteux de voir qu'un tel incident pouvait se produire dans leur pays.

Le sondage montre également que 51 pour cent des Américains croient que les lois limitant la possession d'armes enfreignent leurs droits constitutionnels.

Le président Obama a appelé à l'interdiction des fusils d'assaut et à la limitation de la capacité des chargeurs à 10 balles ou moins. Il a également proposé une mesure fédérale pour empêcher les achats d'armes pour un tiers.

M. Obama souhaite également instaurer des vérifications d'antécédents uniformes dans tout le pays. Environ 40 pour cent des ventes d'armes aux États-Unis se font sans vérification des antécédents des acheteurs, notamment dans les foires et sur Internet.

Le sondage téléphonique Associated Press-GfK a été mené auprès de 1004 adultes du 10 au 14 janvier. Il comporte une marge d'erreur de quatre points de pourcentage.

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