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Arabie/Conseil consultatif: des oulémas radicaux contre l'entrée de femmes

16/01/2013 04:04 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT

Une quarantaine d'oulémas radicaux ont contesté la nomination, pour la première fois, de femmes au Conseil consultatif saoudien, lors d'un rare rassemblement devant le palais royal mardi à Ryad, selon des images diffusées mercredi sur YouTube.

La vidéo montre l'un de ces religieux s'adressant à ses homologues pour s'élever contre "les changements dangereux et les nominations au Conseil consultatif", dans une nette allusion à l'entrée des femmes dans cet organe consultatif décidée vendredi par le roi Abdallah.

Ce religieux, non identifié, indique être venu devant le palais royal, avec ses compagnons, avec l'intention de rencontrer le chef du cabinet royal, Khaled Touejïri pour lui "prodiguer des conseils".

Il déplore le refus de ce responsable de recevoir les membres de ce rassemblement qui s'est tenu en dépit de l'interdiction de toute manifestation publique en Arabie saoudite.

"Chacun d'entre vous a derrière lui des dizaines de milliers de notables", souligne ce religieux radical.

Un militant des droits de l'Homme, Walid Aboul Kheïr, a expliqué mercredi à l'AFP que les oulémas voulaient "demander l'annulation des nominations des femmes au Conseil consultatif" et réclamer "que les religieux soient mieux représentés" dans cette instance.

Le roi Abdallah a nommé vendredi trente femmes dans cette assemblée consultative de 150 membres, une première en Arabie saoudite, en indiquant avoir pris soin de consulter les oulémas de ce royaume utra-conservateur.

Les médias saoudiens ont publié après l'annonce de la décision royale des réactions favorables des principaux oulémas du pays, dont le Comité des hauts oulémas présidé par le mufti, cheikh Abdel Aziz Al-Cheikh.

Le statut des Saoudiennes est régi par l'interprétation rigoriste de l'islam dans le royaume qui leur impose de sortir voilées et leur refuse le droit de conduire une voiture ou de voyager à l'étranger sans l'autorisation d'un tuteur.

La mixité reste interdite dans l'enseignement et au travail, et les rares tentatives de passer outre cet interdit sont farouchement combattues par les dignitaires religieux conservateurs.

Pourtant, les Saoudiennes sont de plus en plus scolarisées et certaines font des études très poussées dans les universités du pays ou à l'étranger.

aa/mh/sw

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