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Le marché des véhicules verts attend son heure aux Etats-Unis

15/01/2013 01:34 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT

Le marché des voitures vertes se développe à petits pas aux Etats-Unis, confronté à un rayon d'action encore faible, des prix élevés et un réseau de stations de chargement encore aléatoire, mais les constructeurs restent confiants et attendent leur heure.

"Chacun pense que ce sont les autres qui devraient acheter une voiture verte", ironise Jeremy Anwyl, analyste du site spécialisé Edmunds.com.

Les constructeurs automobiles ont lancé avec fracas une série de véhicules hybrides ou électriques ces dernières années aux Etats-Unis, répondant notamment à des pressions politiques de la part de l'administration Obama, mais les voitures à faibles émissions de CO2 peinent à trouver leur public.

"Le marché grossit chaque année mais le taux d'adoption est très lent. Pour les électriques à rechargement sur secteur, le prix est encore trop élevé", constate Jesse Toprak, analyste du site spécialisé Truecar.com.

Un avis partagé par Jeremy Anwyl: "Il est difficile de convaincre les consommateurs de débourser 30.000 à 40.000 dollars pour une petite voiture électrique, d'autant qu'ils sont terrifiés par son rayon d'action limité" (moins de 200 km), explique-t-il. "C'est ce qui pèse sur la Leaf".

Le constructeur japonais Nissan, qui fabrique la petite électrique pionnière aux Etats-Unis, en a conscience et vient d'annoncer une forte baisse du prix de la Leaf, qui sera désormais commercialisée à partir de 28.800 dollars, afin de raviver ses ventes.

Après deux années sur le marché, le groupe n'a vendu que 9.819 Leaf aux Etats-Unis en 2012, une progression de 1,5% très en deçà de l'objectif de doublement annoncé l'an dernier.

Dans le monde, les ventes n'ont progressé que de 20% au total, alors que Nissan visait 50%. "C'est une déception", a admis le PDG de Renault et Nissan, Carlos Ghosn.

Même les voitures hybrides, qui ne dépendent pas d'un réseau de stations de rechargement car elles fonctionnent aussi à l'essence, ne représentent encore que 3,5% du marché américain.

General Motors (GM) se félicite d'avoir triplé sur un an les ventes de son hybride, la Volt, à près de 23.500 unités l'an dernier, mais cela reste très en deçà des prévisions de 35.000 unités que s'était fixées le numéro un américain de l'automobile.

"A moins que le prix de l'essence ne bondisse à 5 ou 6 dollars le gallon" (3,8 litres), contre environ 3,3 dollars actuellement, "je ne vois pas la situation changer drastiquement" et les ventes devraient continuer à progresser cahin-caha, remarque Jeremy Anwyl.

Mais les constructeurs se disent confiants. "Nous observons une croissance de nos ventes dans les véhicules électriques", et elles sont très liées "au prix du carburant", indique Mark Fields, directeur d'exploitation de Ford, qui a développé toute une gamme de véhicules verts, notamment pour sa compacte C-Max.

"Il ne fait aucun doute que le prix du carburant va augmenter, donc nous sommes convaincus que notre stratégie sur les hybrides va fonctionner", assure Jim Lentz, directeur des ventes de Toyota aux Etats-Unis, le leader mondial du marché avec sa Prius, qui représente 16% du marché des hybrides aux Etats-Unis et qui est la voiture la plus vendue au Japon.

Jesse Toprak souligne que les constructeurs pourraient faire mieux pour promouvoir leurs voitures: "GM pourrait ainsi mieux communiquer sur les avantages financiers du programme de location-vente de la Volt", estime-t-il. "S'il on y ajoute la très faible consommation d'essence, c'est presque comme si on vous donnait une voiture gratuitement".

Les groupes explorent aussi d'autres carburants d'avenir, comme les piles à combustible ou le gaz liquéfié, très peu cher en plein boum d'extraction gazière aux Etats-Unis, même si l'impact environnemental du gaz de schiste est controversé.

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