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Le cinéaste japonais de «L'Empire des sens» Nagisa Oshima s'éteint à 80 ans

15/01/2013 05:33 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT

TOKYO - Nagisa Oshima, réalisateur japonais salué à travers le monde pour ses films «L'Empire de la passion» et «L'Empire des sens», est décédé d'une pneumonie à l'âge de 80 ans.

Son bureau, Oshima Productions, a affirmé que Nagisa Oshima était mort mardi après-midi dans un hôpital près de Tokyo, après y avoir fait des allers-retours depuis un accident vasculaire cérébral survenu il y a plus de dix ans.

Ancien militant étudiant radical à Kyoto, autrefois capitale du Japon, le cinéaste a amorcé sa carrière en 1959 avec «Une ville d'amour et d'espoir». Il se forge rapidement la réputation d'un cinéaste de la «nouvelle vague» abordant des thèmes politiques et sociaux durant les années 1960, et dépeignant souvent des jeunes en colère contre la société.

Il s'est attaqué à des enjeux sociaux controversés tout au long de sa carrière, abordant notamment la peine capitale, le racisme et l'homosexualité.

Mais Nagisa Oshima est probablement mieux connu pour son film «L'Empire des sens» (1976), récit basé sur le cas d'un meurtrier passagèrement psychotique dans le Japon de l'avant Deuxième Guerre mondiale, qui avait suscité des questions d'indécence au Japon et ailleurs en raison de scènes sexuelles explicites.

Deux années plus tard, Nagisa Oshima remportait le prix du meilleur réalisateur au Festival de Cannes avec «L'Empire de la passion».

En 1961, il a réalisé «Le Piège», inspiré du roman du Nobel Kenzaburo Oe sur un soldat afro-américain capturé dans un village japonais en temps de guerre. Son film en 1968 «La mort en pendaison» critiquait la peine capitale et le racisme.

En 1983, «Furyo» («Merry Christmas, Mr. Lawrence»), un drame de camp de prisonniers de guerre comptant à l'affiche David Bowie, le réalisateur et acteur Takeshi Kitano et le compositeur Ryuichi Sakamoto, avait aussi connu un important succès mondial.

Malgré une crise cardiaque en 1996, Nagisa Oshima était retourné brièvement derrière la caméra en 1999 pour tourner «Tabou», l'histoire de samouraïs gais, pour ce qui devait être son dernier film.

Nagisa Oshima était aussi un invité populaire dans les jeux télévisés et les émissions de débats, déclenchant souvent des débats vigoureux.

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