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La justice pakistanaise ordonne l'arrestation du premier ministre Ashraf pour corruption

15/01/2013 07:36 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT
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Activists of the ruling Pakistani Peoples Party protest against the Supreme Court decision to arrest Pakistan Prime Minister Raja Pervez Ashraf, at a rally in Karachi on January 15, 2013. Pakistan's top judge Tuesday ordered the arrest of the prime minister over graft allegations, threatening to worsen turmoil as thousands of protesters demanded parliament be dissolved. AFP PHOTO/Rizwan TABASSUM (Photo credit should read RIZWAN TABASSUM/AFP/Getty Images)

La Cour suprême du Pakistan ordonne l'arrestation du premier ministre en lien avec une affaire de corruption impliquant des contrats énergétiques illégaux.  

Selon l'Agence France-Presse, outre Raja Pervez Ashraf, une quinzaine de personnes sont soupçonnées par les autorités judiciaires pakistanaises d'avoir trempé dans ce scandale.

« Le président de la Cour suprême a ordonné l'arrestation de toutes les personnes accusées dans cette affaire, quel que soit leur rang », a déclaré à l'AFP Aamir Abbas, avocat gouvernemental pour le Comité pakistanais anti corruption (NAB).

Raja Pervez Ashraf est un proche du président pakistanais Asif Ali Zardari. Il a été nommé premier ministre en juin 2012 après la démission de Yousuf Raza Gilani incité à quitter ses fonctions par la Cour suprême après avoir refusé d'ouvrir une enquête pour corruption qui visait le président Zardari.

Colère et manifestations dans les rues d'Islamabad

Cet ordre d'arrestation du premier ministre Ashraf survient dans un climat de tension alors que plusieurs dizaines de milliers de Pakistanais manifestent depuis lundi dans les rues d'Islamabad contre l'incompétence et la corruption au sein du gouvernement pakistanais.

Ces milliers de citoyens en colère ont répondu nombreux à l'appel de Tahir ul-Qadri, un influent leader religieux d'origine canadienne.

L'homme, qui enseignant la théologie à Toronto, est rentré au Pakistan en décembre dernier où il a lancé une campagne nationale pour dénoncer la corruption au sein du gouvernement.

Appuyé par une importante campagne télévisée, il prône un assainissement des moeurs politiques et la préservation des valeurs fondamentales pakistanaises. Des propos qui rejoignent beaucoup de Pakistanais désabusés par la corruption, le favoritisme des élites et les malversations qui rongent le gouvernement du pays.

Tahir ul-Qadri, qui a pris la tête de milliers de personnes dimanche pour converger de Lahore jusqu'à la capitale, Islamabad, a exigé la dissolution du gouvernement Zardari.   

Une démocratie fragile

Le gouvernement du président Zardari doit terminer ce printemps un mandat de cinq ans. S'il y parvient, ce sera la première fois qu'un gouvernement civil effectue un mandat démocratiquement acquis depuis la création du pays, en 1947. Tous les autres gouvernements civils qu'a connus le pays ont été renversés par des coups d'État militaires.  Des élections doivent avoir lieu à la mi-mai dans le pays.