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La Fédération canadienne des contribuables propose des solutions aux Autochtones

15/01/2013 05:30 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT

OTTAWA - La Fédération canadienne des contribuables croit qu'Ottawa devrait abroger la Loi sur les Indiens et accorder aux Premières Nations un plus grand contrôle de leurs territoires, afin de mettre un terme à la pauvreté autochtone.

Ce groupe de lobbying influent, qui a des liens étroits avec les conservateurs fédéraux, a joué un rôle essentiel dans l'élaboration et l'adoption du projet de loi C-27 sur la transparence financière des Premières Nations, qui obligera désormais les chefs de bande et leurs conseillers à divulguer leurs revenus.

Or, la Fédération soutient aujourd'hui qu'Ottawa devrait traiter les Premières Nations sur le même pied d'égalité que les autres citoyens canadiens, afin de briser le cycle de la pauvreté sur les réserves.

Son porte-parole pour les provinces des Prairies, Colin Craig, suggère donc au gouvernement Harper, tout en respectant les traités et la Constitution, d'éliminer la Loi sur les Indiens, mais aussi certaines dispositions du Code criminel qui prévoient des peines réduites pour les Autochtones, de même que le versement de subventions diverses aux arts et à la culture.

La Fédération soutient également que les Autochtones devraient avoir le droit d'être propriétaires de leur maison, et de développer, louer ou vendre leurs terres sur les réserves sans attendre chaque fois la permission d'Ottawa.

L'organisme propose enfin la mise sur pied d'un projet pilote qui permettrait aux Autochtones de toucher de l'argent directement d'Ottawa mais qui les obligerait à payer des taxes à leur conseil de bande, contrairement à ce qui prévaut actuellement — l'argent d'Ottawa est versé aux conseils de bande, et les Autochtones ne paient pas d'impôts.

«Pour le salut des enfants vivant dans la pauvreté sur beaucoup trop de réserves, nous n'avons surtout pas besoin d'une autre décennie de programmes sociaux et de bricolage, affirme Colin Craig. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une nouvelle approche qui traitera tous les Canadiens sur un pied d'égalité et qui offrira aux Autochtones des emplois et des opportunités.»

Ces propositions devraient susciter la controverse. La Fédération s'est fait plusieurs ennemis chez les leaders des Premières Nations en publiant la liste des salaires élevés que touchent les chefs de bande, et en pressant le gouvernement fédéral de modifier les lois.

De plus, l'Assemblée des Premières Nations (APN) s'est déjà montrée réticente aux changements proposés concernant la propriété foncière et résidentielle.

Alors que plusieurs chefs de bande estiment qu'il est temps d'abroger la Loi sur les Indiens, l'APN soutient qu'il faut procéder méthodiquement afin de mettre en place une meilleure structure basée sur les traités et les droits autochtones, en attendant la disparition du système actuel.

L'impatience au sein des Premières Nations concernant la situation qui prévaut aujourd'hui commence à déborder. Les chefs de bande se disputent entre eux, et les Autochtones sont de plus en plus nombreux à prendre la rue. Des manifestations devraient d'ailleurs avoir lieu aux quatre coins du pays ce mercredi.

Colin Craig reconnaît qu'il s'agit d'une question délicate. «Peu importe la direction que prendra le gouvernement Harper et les changements qu'il proposera, il devrait d'abord en discuter avec les contribuables et les Autochtones vivant sur les réserves», soutient-il.

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