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La blogueuse accusant un ministre de corruption entendue par un juge à Tunis

15/01/2013 03:20 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT

La blogueuse tunisienne Olfa Riahi qui a fait scandale en accusant un ministre islamiste de corruption et d'adultère a été entendue mardi comme témoin par un juge d'instruction au tribunal de première instance de Tunis, ont indiqué ses avocats.

"Olfa Riahi a été entendue en tant que témoin à la demande des avocats de la défense" au sujet des accusations qu'elle a portées contre le ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem, a indiqué à l'AFP Me Najet Yacoubi.

"Bien qu'elle ait été convoquée en tant qu'accusée dans le cadre d'une enquête pour diffamation à la demande du ministre, le juge a décidé de l'entendre d'abord comme témoin, avant de l'appeler à comparaître de nouveau", a expliqué l'avocate.

Le parquet a ouvert une enquête le 2 janvier sur les accusations lancées fin décembre par Olfa Riahi, militante du Congrès pour la République (centre-gauche), allié du parti islamiste Ennahda au pouvoir, contre Rafik Abdessalem, gendre du chef d'Ennahda.

La blogueuse accuse le ministre d'avoir encaissé directement un million de dollars offerts par le gouvernement chinois, sans passer par la trésorerie de l'Etat.

Elle a aussi publié des factures attestant de frais de séjour indus dans un grand hôtel de Tunis, le Sheraton, au nom du chef de la diplomatie tunisienne, qui était alors accompagné d'une femme dont l'identité n'a pas été révélée.

Rafik Abdessalem a porté plainte ensuite contre la blogueuse pour diffusion d"'informations infondées destinées à lui porter atteinte, ainsi qu'aux institutions de l'Etat".

Mme Riahi a été mise en examen en vertu d'une loi rendant passible de 2 ans de prison "quiconque par discours publics, presse ou tout autre moyen de publicité, impute à un fonctionnaire public ou assimilé des faits illégaux en rapport avec ses fonctions, sans en établir la véracité".

Elle a été interdite de quitter le territoire national.

Vendredi, le chef de la diplomatie tunisienne a dénoncé un complot politique visant à le discréditer, affirmant que les fonds chinois avaient été remis à la Banque centrale et que la Chine avait tenu à garder "secret" ce don destiné à l'organisation d'un congrès sino-arabe.

Il a aussi assuré que les nuits passées au Sheraton avaient eu lieu dans le cadre de son travail et que la femme l'accompagnant était une parente proche.

Bsh/cco

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