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Hollande défend l'opération au Mali, cherche des appuis

15/01/2013 06:13 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT

Le président François Hollande a défendu mardi l'engagement militaire de la France au Mali lors d'une visite aux Emirats arabes unis où il a cherché des soutiens à cette intervention.

"La France est en première ligne. Si elle ne l'avait pas été, il y aurait aujourd'hui un Mali entièrement occupé par des terroristes et d'autres pays africains menacés", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une visite à la base navale "Camp de la Paix" où sont déployés des soldats français.

M. Hollande a ajouté que "l'action de la France est parfaitement comprise". "Elle joue un rôle éminent et elle est fière de le jouer parce qu'elle agit dans la légalité internationale et qu'elle donne aux Africains la possibilité, dans les jours qui viennent, d'être aux côtés des Maliens pour chasser des terroristes et retrouver l'intégrité du Mali", a-t-il dit.

La visite d'un jour M. Hollande aux Emirats arabes unis doit être dominée par l'opération française au Mali qui mobilise déjà 750 hommes et qui verra "progressivement" le déploiement de 2.500 soldats, selon l'entourage du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Dès son arrivée à Abou Dhabi, François Hollande s'est entretenu avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce dernier a évoqué la possibilité de participer à l'opération Serval si le Mali en fait la demande, a-t-on rapporté dans l'entourage du président français.

M. Hollande a également évoqué une participation du Tchad et des Emirats "soit sur le plan logistique, soit sur le plan financier", à l'opération lancée il y a cinq jours pour déloger les islamistes armés occupant le Nord du pays.

"Il est possible que les Emirats décident immédiatement d'intervenir, soit sur le plan logistique, soit sur le plan financier pour appuyer" l'intervention au Mali, a affirmé le chef de l'Etat qui a rencontré en milieu de journée son homologue émirati, cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane.

François Hollande a annoncé que "de nouvelles frappes cette nuit ont atteint leur objectif" au Mali, où les jihadistes ont évacué lundi les grandes villes du nord qu'ils occupaient, après des bombardements des forces françaises.

Il a affirmé que "les terroristes n'ont pas conquis" la localité de Diabali, à 400 km au nord de Bamako, visée par les frappes, "mais s'y sont réfugiés pour se protéger".

Les hommes de la base d'Abou Dhabi mobilisables

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Dans l'avion présidentiel qui a décollé lundi soir de Paris, l'entourage de M. Hollande a indiqué qu'une partie des 700 hommes de la base d'Abou Dhabi était mobilisable, ainsi que les six avions Rafale stationnés sur cette base, la seule au Proche-Orient, pour l'opération Serval en cas de besoin.

"Le Mali n'est pas dans notre champ d'action, pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour. Si nous recevons des ordres nous les mettrons en oeuvre", a indiqué sur place à la presse Stephane Groen, chef de l'état-major interarmées de l'amiral commandant la zone maritime de l'océan indien.

Initialement, ce déplacement aux Emirats était plutôt à dominante économique. Dans l'avion présidentiel d'ailleurs, de grands patrons étaient présents: Pierre Mongin (RATP), Henri Proglio (EDF), Augustin de Romanet (Aéroport de Paris), Jean-Cyril Spinetta (Air France), Jean-François Cirelli (GDF Suez).

M. Hollande a prononcé un discours à l'ouverture d'un sommet mondial sur les énergies du futur à Abou Dhabi, appelant à passer à "l'action" pour préparer l'après-pétrole. "L'heure n'est plus à la dispersion ou aux constats complaisants mais à l'action", a-t-il dit, appelant à "davantage d'investissements dans les énergies renouvelables".

Parmi les gros dossiers économiques sur la table figure la concession de Total qui expire en 2014 et suscite des convoitises. La firme pétrolière possède 13% de ses réserves mondiales dans les Emirats. Elle y est aussi partenaire de la construction de la plus grande centrale solaire à concentration, baptisée Shams.

Le Rafale de Dassault est également à l'ordre du jour, même s'il n'y a pas de signature de contrat en vue pendant la visite du président. L'avion de combat français est en compétition avec l'Eurofighter des groupes britannique BAE Systems, italien Finmeccanica et européen EADS.

swi/at/sw

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