DIVERTISSEMENT

«Les trois exils de Christian E», au Théâtre d'Aujourd'hui: le retour aux sources de Christian Essiambre (VIDÉO)

15/01/2013 09:17 EST | Actualisé 17/03/2013 05:12 EDT
Nicola-Frank Vachon

Après avoir promené sa très acclamée création autobiographique Les trois exils de Christian E. un peu partout au Québec et au Nouveau-Brunswick dans les deux dernières années, Christian Essiambre vient faire un saut dans la métropole, au Théâtre d'Aujourd'hui, pour nous raconter sa vie, son parcours, mais surtout ces exils, ces fuites en avant qui ont fait de l'adolescent qu'il était jadis, l'homme, le comédien et le père de famille mature et confiant qu'il est désormais. Originaire du petit village de McKendrick, l'Acadien retrouve sa langue natale pour nous transporter dans un univers unique, le sien.

«C'est mon histoire, de ma naissance à aujourd'hui», explique celui qui porte à bout de bras le monologue du début à la fin de la pièce. «J'avais 26 ans quand je l'ai écrite. Ça parle vraiment d'un Acadien qui vit dans un petit village. Lorsque j'avais 16 ans, un drame familial est survenu et je me suis exilé à Moncton. J'ai vécu là-bas pendant 10 ans. Puis, je suis venu à Montréal, mais je me suis rendu compte que c'était pas mal plus difficile que je pensais de percer dans le milieu artistique. En plus, mon accent ne m'aidait pas; alors, j'ai essayé d'apprendre à parler davantage "en québécois" et de m'intégrer. Mais j'ai fini par oublier un peu qui j'étais...»

Voyant que les contrats tardaient à venir, son ami Philippe Soldevila lui a alors proposé de mettre en scène un texte qu'ils cogiteraient à deux et qui relaterait justement ses allées et venues. En cours d'écriture, un autre malheur s'est abattu sur l'entourage de Christian, apportant encore une nouvelle lampée d'eau au moulin de leur inspiration. Il n'est donc pas surprenant que le fruit de leur collaboration soit empreint d'une émotion réelle et d'un vif sentiment d'appartenance aux racines profondes qui forgent un être humain.

«C'est vraiment un retour aux sources, une façon de dire qu'il ne faut jamais oublier qui on est», souligne Christian. «Dans le spectacle, je fais face à des démons que j'avais essayé d'enterrer. Finalement, Christian E., autant que Christian Essiambre, on est sortis grandis de cette expérience. Ç'a vraiment été un exutoire, une thérapie pour moi. Ça m'a ramené à l'essence même de qui je suis.»

Dans le portrait qu'il esquisse de ses proches dans Les trois exils de Christian E., l'acteur a pris grand soin de n'offusquer personne en changeant les noms des protagonistes et en modifiant certains faits. À 30 ans, quatre ans après avoir jeté les bases de cet exercice dénué de pudeur, l'artiste se dit en paix avec ses choix et fier du chemin parcouru.

«J'ai longtemps pensé retourner en Acadie, mais je suis au Québec depuis sept ans, maintenant, et j'aime ma vie ici. J'aime la culture d'ici. C'est un autre monde, même si c'est juste la province d'à côté. La musique, le théâtre, la bouffe, tout est différent. Mais je ne perds pas contact avec mes amis acadiens. Ce que j'aime beaucoup, avec la pièce, c'est qu'on transmet le message de ne jamais oublier qui on est et d'où on vient, même si on est rendus ailleurs.»

Idole des bouts de choux

Au petit écran, Christian Essiambre se glisse tous les jours dans le pyjama de Fred, l'attachant conteur et animateur des capsules Les étoiles du dodo, qui en sont à leur deuxième saison sur la chaîne Yoopa. Habitué de s'adresser à des adultes lorsqu'il foule les planches, l'interprète n'a néanmoins pas de mal à travailler avec des tout-petits et à réciter contes et comptines lorsque la caméra se braque sur lui.

«Depuis toujours, je fais des trucs avec les enfants, et je pense que c'est l'une des raisons qui ont fait que j'ai eu le rôle», précise-t-il. «À l'audition, ça m'a enlevé beaucoup de stress, parce que je n'avais qu'à les amuser.»

«Mais c'est quelque chose!», poursuit-il, un sourire dans la voix.« Ç'a été plus compliqué cette année parce que, maintenant, les enfants connaissent l'émission. Ils savent qu'ils peuvent interagir et dire des trucs. Alors, parfois, ils nous interrompent pour dire leur opinion ou lancer une idée! (rires) mais c'est toujours plaisant.»

La nouvelle tête d'affiche apprend par ailleurs à composer avec son nouveau statut d'idole des bouts de choux... même si ceux-ci n'ont souvent pas conscience que c'est bien leur ami Fred qui se trouve devant eux lorsqu'ils le croisent au quotidien.

«Souvent, ce sont les parents qui m'approchent, parce que les enfants ne me reconnaissent pas quand je ne porte pas le costume. Ma fille de 16 mois regarde l'émission tous les soirs. À l'Halloween, j'ai un ami qui est arrivé chez nous déguisé en Fred et elle lui a sauté dans les bras. Elle pensait que c'était vraiment lui... Alors que moi, je suis là tous les jours, et je suis juste papa! Je ne pense pas qu'elle réalise que c'est son père qui joue le rôle.»

Une troisième série d'épisodes des Étoiles du dodo pourrait voir le jour l'an prochain, mais rien n'est encore confirmé pour l'instant. D'ici là, on peut applaudir Christian Essiambre au Théâtre d'Aujourd'hui, dans Les trois exils de Christian E., jusqu'au 2 février. Pour plus d'information: www.theatredaujourdhui.qc.ca.