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Syrie: HRW dénonce le recours persistant aux bombes à sous-munitions

14/01/2013 03:37 EST | Actualisé 15/03/2013 05:12 EDT

Human Right Watch (HRW) a affirmé lundi que les troupes syriennes au sol utilisaient elles aussi des bombes à sous-munitions dans leur guerre contre les rebelles, après avoir dénoncé le recours à ces armes par l'aviation du régime.

"La Syrie augmente l'utilisation de bombes à sous-munitions en dépit des condamnations internationales", a déploré Steve Goose, directeur du département armes à HRW, appelant le régime à cesser immédiatement d'utiliser ces armes qui peuvent tuer et mutiler même après la fin du conflit.

Selon l'ONG de défense des droits de l'Homme, qui s'appuie sur le témoignage d'habitants, des vidéos mises en ligne par des militants et des clichés pris par une photographe indépendante, l'armée, dans ses attaques à l'artillerie lourde, utilise ces bombes à sous-munitions depuis début décembre.

Un habitant de Latamneh, une localité du centre du pays visée par des tirs de bombes à sous-munition le 3 janvier, a raconté à HRW: "nous avons entendu un bruit énorme puis une grosse explosion, suivie d'une série d'explosions moins fortes".

"De petites bombes étaient répandues sur environ 200 mètres" et 20 n'avaient pas explosé, a-t-il ajouté, précisant qu'aucun avion ne survolait la zone ce jour-là en raison d'un épais brouillard.

Une vidéo montre un homme parcourant un terrain creusé par une dizaine de petits cratères à intervalles réguliers.

Selon le résident, deux hommes ont été tués et 15 civils, dont des femmes et des enfants, ont été blessés car l'une des bombes a explosé près d'un immeuble d'habitation.

Selon HRW, l'armée dispose de BM-21 qui permettent de tirer 40 roquettes presque simultanément, d'une portée de quatre à 40 km. De fabrication soviétique, ce lance-roquettes multiples monté sur camion est connu pour son manque de précision, ce qui aggrave les dégâts surtout dans les zones résidentielles.

La Syrie n'a pas ratifié la Convention sur les armes à sous-munitions qui interdit la production, le stockage, le transfert et l'utilisation de cette catégorie d'armes.

Ce pays est en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire devenue guerre civile, dans laquelle plus de 60.000 personnes ont péri, selon l'ONU.

sbh/tp

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