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Sri Lanka: Stephen Harper demande le retour en poste de la juge en chef

14/01/2013 05:02 EST | Actualisé 16/03/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le Canada a fait un pas de plus vers un boycott du prochain Sommet des leaders du Commonwealth, après que le premier ministre Stephen Harper ait, sans détour, demandé au gouvernement du Sri Lanka de rétablir dans ses fonctions la juge en chef du pays.

M. Harper a menacé de ne pas participer au sommet réunissant 54 pays, qui doit avoir lieu au Sri Lanka en novembre 2013, car il doute du niveau d'engagement du pays en matière de droits de la personne et de démocratie depuis la fin de la guerre civile en 2009.

Les plus récents développements sont survenus vendredi lorsque le président Mahinda Rajapaksa a limogé Shirani Bandaranayake à la suite d'une procédure de destitution largement dénoncée.

La décision a mené à des manifestations dans ce pays d'Asie du sud, lundi, et fait craindre une crise constitutionnelle si le gouvernement va de l'avant dans sa décision de remplacer Mme Bandaranayake.

«Nous demandons au gouvernement du Sri Lanka de respecter la constitution du pays et l'indépendance de son système judiciaire et de revenir sur sa décision immédiatement», a déclaré M. Harper dans un communiqué rendu public dimanche soir.

M. Harper s'est dit profondément préoccupé par la décision du président Rajapaksa qui, a-t-il affirmé, est survenue «à la suite d'une procédure de destitution qui semble avoir été grandement politisée, manqué de transparence et qui n'aurait pas respecté les exigences propres à une procédure régulière et à un procès équitable».

Paul Dewar, porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de politique étrangère, a demandé au premier ministre de «déclarer sans équivoque» qu'il boycottera le sommet de Colombo, du 15 au 17 novembre.

«Nous insisterons pour que le Groupe d'action ministériel du Commonwealth se penche sur cette récente décision inquiétante durant sa prochaine réunion», a également avisé M. Harper, dans son communiqué de presse.

M. Harper a indiqué qu'il demanderait que le sujet fasse l'objet de discussions lors de la prochaine rencontre du Groupe d'action ministériel du Commonwealth, qui doit avoir lieu en avril.

Gordon Campbell, haut-commissaire du Canada auprès du Royaume-Uni, a discuté avec le secrétaire général du Commonwealth la semaine dernière, et demandé que le Sri Lanka soit intégré à la prochaine rencontre du groupe, a révélé Rick Roth, un porte-parole du ministre des Affaires étrangères John Baird.

Des officiels canadiens ont également manifesté leurs inquiétudes au haut-commissaire du Sri Lanka au Canada lors d'un meeting, vendredi dernier, et dialogueront aussi avec des représentants du gouvernement du Sri Lanka à Colombo, a confié M. Roth.

«Le Canada demeure sérieusement préoccupé par la situation des droits de la personne, par la nécessité d'oeuvrer à une réconciliation et par le déficité démocratique au Sri Lanka, a précisé M. Harper.

«Nous continuerons de soulever ces préoccupations avec fermeté et sans équivoque directement auprès du gouvernement du Sri Lanka et au moyen de résolutions au sein des Nations unies et du Commonwealth.»

Le chef par intérim du Parti libéral, Bob Rae, a demandé à MM. Harper et Baird d'insister pour qu'ait lieu une rencontre d'urgence avec le Groupe d'action ministériel du Commonwealth.

«Il est tout simplement inacceptable que nous attendions la prochaine rencontre pour se pencher sur ce dossier, comme le souhaiteraient le premier ministre Harper et le ministre Baird», a réagi M. Rae, qui a été un conseiller lors du processus de paix au Sri Lanka de 1999 à 2006.

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