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ONU: 200 000 personnes sont détenues dans les camps nord-coréens

14/01/2013 09:55 EST | Actualisé 16/03/2013 05:12 EDT

GENÈVE - Quelque 200 000 personnes sont détenues dans des camps de travail nord-coréens où la torture, le viol et la main d'oeuvre servile sont monnaie courante, a indiqué lundi la responsable des droits de la personne aux Nations Unies, des agressions qui pourraient représenter des crimes contre l'humanité.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, demande également la tenue d'une enquête indépendante concernant la performance de la Corée du Nord au chapitre des droits de la personne.

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies et l'Assemblée générale des Nations Unies, qui rassemble les 193 pays membres, ont déjà condamné la performance nord-coréenne, mais Mme Pillay affirme que des mesures plus musclées sont maintenant nécessaires, y compris la tenue d'une enquête autorisée par les Nations Unies mais réalisée par des experts indépendants.

Mme Pillay a émis ces critiques virulentes et lancé cet appel un an après que Kim Jong-un ait succédé à son père, Kim Jong-il, à la tête de la Corée du Nord. Elle a dit qu'aucun signe d'amélioration n'a été décelé depuis la venue au pouvoir du nouveau leader, en dépit des premiers espoirs suscités par son arrivée.

Les commentaires de Mme Pillay s'inspirent des recherches effectuées par un rapporteur spécial du Haut-Commissariat et de ses rencontres, à Genève, avec deux survivants des camps nord-coréens, selon ce qu'a indiqué son porte-parole Rupert Colville.

Le document remis à l'ONU en septembre par le rapporteur spécial Marzuki Darusman précise qu'entre 150 000 et 200 000 personnes se trouveraient dans six camps nord-coréens, en raison de crimes politiques présumés.

Mme Pillay a dit que la torture, les exécutions sommaires, les viols, la main d'oeuvre servile et d'autres formes de punitions collectives ou de traitements cruels et inhumains sont courants au sein du système nord-coréen. Cela, a-t-elle dit, constitue possiblement des crimes contre l'humanité. Les prisonniers seraient également privés de nourriture, de soins médicaux et de vêtements adéquats.

La peine de mort est utilisée pour des crimes mineurs, a ajouté Mme Pillay, et la Corée du Nord a kidnappé des citoyens de la Corée du Sud et du Japon au fil des ans.

La délégation nord-coréenne aux Nations Unies, à Genève, a reçu copie du rapport avant sa publication lundi, mais n'a pas souhaité y réagir dans l'immédiat.

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