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L'insécurité en Libye entrave les investissements étrangers

14/01/2013 04:56 EST | Actualisé 15/03/2013 05:12 EDT

L'insécurité persistante en Libye, illustrée encore par l'attaque contre le consul italien, entrave les efforts déployés par les autorités pour attirer les investissements étrangers dans un pays dont l'économie peine à se relever de la révolte de 2011.

L'attentat samedi à Benghazi (est) contre le consul d'Italie Guido De Sanctis, qui en est sorti indemne, a porté un nouveau coup à l'image du riche pays pétrolier en tant que destination pour les bonnes affaires.

L'Italie, qui a condamné ce "vil acte terroriste", est le principal investisseur étranger dans l'industrie énergétique libyenne.

Ex-puissance coloniale, elle avait des liens étroits avec le dirigeant Mouammar Kadhafi avant la révolte et l'intervention militaire occidentale qui ont entraîné sa chute et sa mort en octobre 2011.

Les nouvelles autorités libyennes peinent à contrôler les groupes armés formés lors du conflit armé, surtout en l'absence d'une force de police bien organisée ou d'une armée.

L'attentat anti-italien "va certainement constituer une raison d'inquiétude pour de nombreuses compagnies pétrolières qui opèrent en Libye ou ont l'intention d'y retourner", a déclaré Claudia Gazzini, analyste de l'International Crisis Group basée à Tripoli.

"Cela pourrait avoir un impact négatif sur leur décision de rester ou de revenir", a-t-elle ajouté soulignant que "le gouvernement libyen fait un effort sincère pour convaincre les entreprises étrangères à revenir".

En décembre, l'italien ENI a repris le forage d'exploration, devenant ainsi la deuxième compagnie pétrolière internationale à le faire après l'Algérienne Sonatrach.

Pour l'historien Mohammed al-Mufti, résidant à Benghazi, l'attaque contre le consul italien "met dans l'embarras les autorités qui ont besoin d'investissements étrangers pour stimuler l'économie".

D'autant plus qu'elle est survenue au lendemain d'une visite à Rome pour des entretiens d'affaires du président de l'Assemblée nationale libyenne Mohamed al-Megaryef, chef de l'Etat de facto.

Les délégations commerciales européennes se rendent régulièrement à Tripoli, mais de nombreux hommes d'affaires ont adopté une approche attentiste par rapport à la capacité du nouveau gouvernement intérimaire, qui a pris ses fonctions en novembre, à rétablir la sécurité.

La ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, Hélène Conway-Mouret, est venue dans la capitale libyenne la semaine dernière afin d'évaluer la situation en vue de l'installation d'entreprises françaises.

"Les questions de sécurité pèsent sur nos sociétés", a-t-elle souligné devant la communauté française.

"Les grands groupes ont de bons codes de sécurité qui fonctionnent mais les PME et petits entrepreneurs qui viennent seuls ne sont pas incités par l'image que l'on voit en France de la Libye où la sécurité n'est pas assurée", a-t-elle dit.

A Tripoli, théâtre de violences sporadiques, les représentants d'entreprises ou de gouvernements étrangers, font profil bas et se déplacent souvent dans des véhicules blindés.

En 2012, plusieurs pays ont retiré ou réduit leur présence diplomatique à Benghazi, en particulier la Grande-Bretagne, la France, les Etats-Unis, l'Egypte et la Tunisie, à la suite d'attaques contre leurs missions.

Le plus sanglant a été l'assaut le 11 septembre 2012 par des islamistes contre la mission américaine qui a coûté la vie à quatre Américains dont l'ambassadeur Chris Stevens.

Le rythme des attaques contre des militaires et des policiers libyens notamment ceux ayant servi sous l'ex-régime, s'est également accéléré à Benghazi, malgré les condamnations de la violence islamiste.

"Il existe un sentiment général d'impunité au sein des groupes armés, en particulier dans l'est", estime Mme Gazzini.

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