NOUVELLES

Lance Armstrong, l'ex-"boss" du Tour de France emporté par le dopage

14/01/2013 09:36 EST | Actualisé 16/03/2013 05:12 EDT

Impitoyable patron du peloton du Tour de France durant un septennat, Lance Armstrong a définitivement cassé son image de champion hors normes en reconnaissant lundi s'être dopé après l'avoir catégoriquement nié pendant des années.

Selon le journal USA Today, le sportif réchappé d'un cancer est pour la première fois passé aux aveux lors d'une interview télévisée qui sera diffusée jeudi et qui devrait à jamais ternir la carrière d'un homme longtemps accusé de duplicité.

"Que ce soit bien clair: il y a deux Lance Armstrong", affirmait dans son autobiographie, en 2000, l'Américain. "Avant et après" le cancer des testicules, qui commençait à se propager (poumon, cerveau) au moment de sa détection à l'automne 1996.

Avant ses aveux, dont la teneur exacte n'était pas encore connue, la forteresse Armstrong avait déjà subi un assaut de taille. En octobre, l'Union cycliste internationale (UCI) avait effacé la totalité de son palmarès et l'avait radié à vie du cyclisme pour dopage.

L'endurance légendaire du Texan de 41 ans a sans doute aujourd'hui trouvé ses limites, même s'il a souvent su déjouer les pronostics les plus sombres.

Sa plus grande prouesse se noue en 1999: trois ans après l'avoir quitté dans l'anonymat, il revient sur le Tour de France après avoir vaincu la maladie et avec l'ambition folle de gagner la plus grande course du monde.

Le coureur qui souffrait auparavant en haute montagne impose désormais une hallucinante cadence de pédalage dans les grands cols tout en développant une puissance phénoménale dans les contre-la-montre.

Jusqu'à son premier arrêt de carrière en 2005, il appliquera la recette, au grand désespoir de ses adversaires qui devront un à un s'incliner.

A partir de ses succès sur le Tour, Armstrong, qui a tant de revanches à prendre sur une jeunesse difficile au Texas (absence du père biologique, rapports tumultueux avec son beau-père), construit un mythe très rémunérateur.

Sa fortune, qui approcherait les 100 millions d'euros, pourrait toutefois fondre si ses aveux avaient des suites judiciaires. Il encourt même une incarcération s'il était reconnu coupable de parjure.

Loin de cette image sulfureuse, Armstrong a toujours su présenter un visage plus consensuel. Sa fondation de lutte contre le cancer, Livestrong, aura permis de vendre pour la bonne cause plus de 80 millions de bracelets jaunes depuis 2004.

Le héros déchu aura également longtemps frayé avec les grands de ce monde, à la Maison Blanche sous le mandat de président George W. Bush comme plus tard à l'Elysée de Nicolas Sarkozy.

Au faîte de sa gloire, les stars d'Hollywood (Robin Williams, Ben Stiller...) font partie de ses proches et on lui prête une ambition sans limites: politique (le poste de gouverneur du Texas) comme commerciale (racheter le Tour de France).

Devenu un mythe, Armstrong passe des pages sportives à la rubrique "people" et voit sa vie privée étalée au grand jour. Après son divorce en 2003, il partage la vie de la chanteuse américaine Sheryl Crow avant d'emménager à Aspen, une station chic du Colorado, avec sa femme actuelle, Anna Hansen, mère des deux derniers de ses cinq enfants.

Armstrong fascine. Son retour après trois ans d'arrêt, en 2009, mobilise les médias, y compris ceux qui le soupçonnaient ou l'accusaient de tricherie(s) durant sa première carrière.

Sa cohabitation agitée avec Alberto Contador, lointain successeur, sert de fil rouge au Tour de France 2009, où il récolte son dernier résultat marquant, une troisième place synonyme d'un huitième podium sur les Champs-Elysées à près de 38 ans. Mais, 12 mois plus tard, il quitte définitivement le Tour sur une 22e place qui le ramène, en fait, à son niveau initial.

"Il arrive un moment dans la vie d'un homme où il faut dire: +Trop c'est trop+", affirmait en août le Texan pour expliquer sa volonté de ne pas se justifier devant ses accusateurs. Cette phrase, beaucoup de ses détracteurs peuvent aujourd'hui se l'approprier.

bur-jt/nr/

PLUS:afp