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La lutte contre le contrôle des armes est lucrative pour la NRA, estime Obama

14/01/2013 12:26 EST | Actualisé 16/03/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président des États-Unis, Barack Obama, a accusé lundi le lobby des armes à feu de «distiller la peur» au sujet du contrôle des armes, laissant entendre que les groupes comme la National Rifle Association (NRA) avaient des motivations financières en incitant les Américains à acheter plus d'armes.

Lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, M. Obama a suggéré que le fait de pousser les Américains à acheter des armes après les tueries était «bon pour les affaires».

Les commentaires du président étaient une critique à peine voilée lancée à la NRA, le puissant lobby des armes à feu qui affirme protéger le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis, qui garantit à chaque Américain le droit de posséder des armes.

Depuis quelques années, des allégations laissent entendre que la NRA reçoit une grande partie de son financement des fabricants d'armes.

Selon le Violence Policy Center, un groupe qui milite pour le contrôle des armes à feu, les fabricants d'armes ont versé jusqu'à 38,9 millions $ US depuis 2005 à la NRA. Le groupe ne publie pas d'informations sur ses donateurs, même s'il consacre des millions de dollars aux campagnes électorales américaines.

Le contrôle des armes à feu est revenu au centre de l'attention après la fusillade de décembre dans une école primaire du Connecticut, qui a fait 27 morts, dont 20 enfants. Le tireur s'est servi d'un fusil d'assaut acheté légalement par sa mère.

Alors que les sondages montrent que les Américains sont maintenant favorables à un renforcement des lois sur les armes à feu, le président Obama a demandé à son vice-président, Joe Biden, de diriger une équipe de travail chargée de formuler des propositions pour combattre la violence causée par les armes.

Le vice-président a rencontré la semaine dernière des militants du contrôle des armes, des représentants de la NRA et des victimes d'armes à feu, entre autres. Il doit soumettre ses propositions au président mardi.

M. Obama a indiqué lundi qu'il présenterait les intentions précises de son administration d'ici la fin de la semaine.

Le président a insisté sur le fait que même s'il ferait pression en faveur de lois plus strictes sur les armes, les Américains qui chérissent leurs armes à feu n'ont rien à craindre.

«Ceux d'entre nous qui se penchent sur ce problème ont dit à plusieurs reprises que les propriétaires d'armes responsables n'avaient pas de raison de s'inquiéter», a-t-il dit.

Barack Obama a précisé qu'il souhaitait un renforcement des vérifications d'antécédents de ceux qui veulent acheter des armes et des restrictions sur les fusils d'assaut et les chargeurs de grande capacité, des propositions qui restent somme toute modestes.

Pour faire adopter ses propositions, le président devra convaincre le Congrès, et en particulier la Chambre des représentants, à majorité républicaine.

Mais même au Sénat à majorité démocrate, la partie n'est pas gagnée. Plusieurs sénateurs démocrates élus dans des États traditionnellement républicains tenteront de se faire réélire en 2014, et avec la NRA dans le paysage, rien ne garantit qu'ils appuieront un renforcement des lois sur les armes à feu.

Certains sénateurs démocrates envisagent de présenter bientôt un projet de loi visant à interdire les fusils d'assaut et à limiter la capacité des chargeurs de munitions.

Mais John McCain, un sénateur républicain qui reçoit plus de financement des groupes de défense des armes à feu que tout autre politicien américain, a répondu «non» quand il s'est fait demander, le week-end dernier, si le Congrès adopterait une telle interdiction.

Il y aurait 300 millions d'armes en circulation aux États-Unis, et 45 pour cent des foyers en posséderaient au moins une.

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