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Israël: l'annonce d'un fort déficit budgétaire pèse sur le scrutin à venir

14/01/2013 03:01 EST | Actualisé 16/03/2013 05:12 EDT

L'annonce d'un déficit budgétaire israélien près de deux fois plus élevé que prévu pour 2012 augure de difficultés pour le gouvernement après les élections du 22 janvier et alimentait lundi les critiques contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, favori du scrutin.

Le ministère des Finances a annoncé dimanche que le déficit budgétaire s'établirait à 39 milliards de shekels (environ 8 mds EUR) en 2012 contre un objectif de 20 milliards de shekels (environ 4 mds EUR).

"Il est maintenant clair que la première bombe politique que le nouveau gouvernement devra désamorcer sera le budget pour 2013, qui devra couvrir un déficit plus important que prévu et pourrait mener à une crise de la nouvelle coalition gouvernementale", commentait lundi le quotidien Yediot Aharonot.

"Ces chiffres étaient plus ou moins prévus", s'est défendu M. Netanyahu, cité par les médias, lors d'une réunion de campagne du Likoud, son parti.

"Nous attendions un déficit de 3,9% (du PIB, NDLR) et il s'est finalement établi à 4,2%", a-t-il indiqué, ajoutant: "Notre déficit est plus faible que celui des Américains et des Européens. Je ne pense pas que cela devrait avoir de conséquences pour les citoyens israéliens".

"Je ne crois pas que nous aurons besoin d'augmenter les impôts" a-t-il renchéri lundi soir à la télévision, précisant qu'Israël allait commencer à exploiter en 2013 des réserves de gaz récemment découvertes au large de ses côtes et qui, selon le Premier ministre, pourraient s'avérer plus importantes que prévu.

"Il se peut que les réserves de gaz soient plus vastes que ce que nous estimons. Il se peut que les marchés internationaux se redressent et que (nos) exportations augmentent", a-t-il spéculé.

Mais ses adversaires politiques se sont empressés de critiquer sa politique économique.

"Netanyahu mène l'économie vers l'effondrement total. Encore quatre années avec lui et les dégâts seront irréversibles", a dénoncé Shelly Yachimovich, la chef du Parti travailliste (centre-gauche), qui devrait, selon les sondages, devenir la deuxième formation de la Knesset.

Selon l'étoile montante de la droite nationale-religieuse, Naftali Bennett, qui pourrait mordre sur l'électorat du Likoud, "alors qu'il savait que ses revenus diminuaient, le gouvernement a continué à distribuer de l'argent".

"Nous payons des impôts et nous méritons un gouvernement qui ne se comportera pas de manière extravagante", a-t-il déclaré, cité par les médias.

M. Netanyahu a centré sa campagne sur la sécurité et la bonne santé de l'économie israélienne, affirmant avoir préservé celle-ci des crises des subprimes de 2008 et de la zone euro.

Face à l'augmentation du déficit, il avait cependant préféré reporter les échéances en renonçant à faire adopter un budget d'austérité pour 2013 avant les législatives.

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