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Koweït: manifestation pour réclamer la dissolution du Parlement

13/01/2013 02:48 EST | Actualisé 15/03/2013 05:12 EDT

Des centaines de personnes proches de l'opposition koweïtienne ont manifesté dimanche pour réclamer la dissolution du Parlement élu en décembre lors d'un scrutin boycotté par l'opposition, ont indiqué des témoins.

Portant des drapeaux orange, les manifestants ont défilé dans les rues de Sabah Al-Nasser, une zone à majorité tribale à 20 km au sud ouest de Koweït, scandant des slogans en faveur de la dissolution du Parlement et de réformes politiques.

La manifestation s'est déroulée sans incident et la police n'est pas intervenue. La semaine dernière, la police anti-émeute avait tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes en direction de 70 militants lors de la dispersion d'une manifestation similaire.

"Ceci est un Parlement de la honte", a déclaré l'ancien député Moussalam al-Barrak, un figure de l'opposition, en tête de la manifestation dimanche soir. Plusieurs anciens députés y ont également participé.

Des militants brandissaient des banderoles appelant à un gouvernement élu.

Le nouveau Parlement, élu le 1er décembre, est dominé par des députés pro-gouvernementaux, alors que l'opposition -- islamistes, nationalistes et libéraux -- contrôlait 36 des 50 sièges de la Chambre avant sa dissolution en février.

L'opposition avait dénoncé comme "illégitime" la nouvelle assemblée en raison du mode de scrutin contesté.

D'anciens députés ont introduit des recours devant la Cour constitutionnelle contre la réforme du mode de scrutin.

La cour pourrait prendre plusieurs mois avant de rendre sa décision qui, si elle est favorable à l'opposition, pourrait conduire à une nouvelle dissolution du Parlement du Koweït.

Le riche émirat pétrolier, première monarchie du Golfe à s'être dotée d'un Parlement élu en 1962, et secoué par des crises politiques à répétition, a connu depuis la mi-2006 neuf gouvernements et six dissolutions du Parlement.

La semaine dernière, un opposant koweïtien, Rached Al-Enezi, a été condamné à deux ans de prison pour des propos jugés offensants pour l'émir sur Twitter. Plus de 200 opposants, dont d'anciens députés, font l'objet de poursuites et plusieurs sont accusés d'avoir critiqué l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, ce qui est interdit par la Constitution.

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