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Golden Globes: "Lincoln" devancé par "Django Unchained" à mi-soirée

13/01/2013 10:33 EST | Actualisé 15/03/2013 05:12 EDT

"Lincoln" de Steven Spielberg, présenté comme le favori des 70e Golden Globes, était devancé par "Django Unchained" de Quentin Tarantino à mi-soirée, alors que les films français "Intouchables" et "De rouille et d'os" ont dû s'incliner devant "Amour" pour le film étranger.

Candidat dans sept catégories, "Lincoln" a été battu dans cinq d'entre elles, dont celle de meilleur réalisateur, remportée à la surprise générale par Ben Affleck pour "Argo", qui raconte la rocambolesque exfiltration de diplomates américains pendant la révolution iranienne.

Ben Affleck, subjugué, a terrassé les poids lourds Steven Spielberg, Quentin Tarantino, Kathryn Bigelow et Ang Lee.

"Lincoln" concourt encore dans les catégories du meilleur film dramatique et du meilleur acteur, remises en fin de soirée.

Autre bénéficiaire de ce revers de fortune, "Django Unchained", de Quentin Tarantino, qui est reparti avec deux trophées: second rôle masculin pour l'Autrichien Christoph Waltz et scénario pour Tarantino, premier surpris.

"Je ne m'y attendais pas, c'est une sacrée surprise, et j'adore être surpris!", a-t-il déclaré.

"Lincoln", qui retrace les derniers mois de la vie du 16e président américain et son combat pour l'abolition de l'esclavage, a bénéficié d'un avocat de grand luxe, pour la présentation de sa bande-annonce, en la personne de l'ancien président américain Bill Clinton.

Lincoln "nous rappelle que le progrès durable est forgé dans un chaudron fait à la fois de principes et de compromis", a souligné M. Clinton sous le regard aussi ému que ravi de Steven Spielberg.

"Ce film merveilleux nous montre comment (Lincoln) y est parvenu et comment nous pouvons encore le faire", a-t-il insisté, saluant "la détermination d'acier et le sens du compromis que Lincoln a parfaitement réussi à combiner pour préserver notre pays et mettre fin à l'esclavage".

La soirée a également été marquée par Jodie Foster, qui a profité de son trophée, remis pour l'ensemble de sa carrière, pour aborder publiquement son homosexualité, tout en réclamant immédiatement le respect de la vie privée et l'époque où l'intimité était respectée.

"Un jour, les gens regarderont en arrière et se rendront compte à quel point c'était beau", a-t-elle dit.

Parmi les autres lauréats de la soirée, figurent Anne Hathaway, second rôle féminin pour "Les Misérables", le film d'animation "Brave", et Jennifer Lawrence, meilleure actrice dramatique pour "Happiness Therapy", très fière d'avoir "battu Meryl (Streep)".

La Britannique Adele a également été distinguée pour sa chanson "Skyfall", du film de James Bond éponyme, et a assuré avec son franc-parler inimitable qu'elle passait un très bon moment avec ses amis: "On a pissé de rire, là-bas!".

Les espoirs français ont été vite refroidis, particulièrement dans la catégorie du meilleur film étranger, qui a vu "Intouchables" et "De rouille et d'os" s'incliner devant "Amour" de Michael Haneke.

Le réalisateur autrichien, dont le film est également candidat à cinq Oscars, a reçu son trophée des mains d'Arnold Schwarzenegger. "Jamais je n'aurais pensé recevoir un prix hollywoodien des mains d'un autre Autrichien", a-t-il ironisé en référence aux origines de "Schwarzie".

Autre Français à repartir bredouille: le compositeur Alexandre Desplat, qui a chuté face à Mychael Danna, l'auteur de la musique de "L'odyssée de Pi".

Seule Marion Cotillard est encore en lice pour la France, pour "De rouille et d'Os" de Jacques Audiard. Mais Jessica Chastain, remarquable en agent de la CIA dans "Zero Dark Thirty", est une concurrente très sérieuse.

La soirée, qui se tient autour d'un dîner au Beverly Hilton à Beverly Hills, a débuté à 17H00 (01H00 GMT) par le traditionnel feu d'artifice de blagues des présentatrices de la soirée, les comédiennes américaines de télévision Tina Fey et Amy Poehler, très populaires aux Etats-Unis.

Après avoir "enterré" leur prédécesseur au poste de Monsieur Loyal, le Britannique et très caustique Ricky Gervais -- "il n'est plus techniquement dans le show-business" --, Amy Poelher a notamment ironisé sur "Zero Dark Thirty" et la polémique autour de la représentation de la torture dans le film.

"Quand on parle de torture, je crois sur parole (la réalisatrice Kathryn Bigelow), une femme qui a été mariée pendant trois ans (au réalisateur) James Cameron", a-t-elle lancé devant une salle hilare.

Tina Fey a quant à elle égratigné l'Association de la presse étrangère à Hollywood (HFPA), organisatrice des Golden Globes, assurant, après que Amy Poehler eut fait mine de confondre la HFPA avec une maladie: "Il n'y pas de vaccin contre la HFPA".

rr/sam

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