MONTRÉAL - Les redevances minières constitueront un dossier déterminant pour le développement économique du Québec en 2013 et la FTQ propose l'idée d'exiger des redevances moindres aux compagnies minières qui s'engageraient à faire au Québec une deuxième et troisième transformations.

Le gouvernement du Québec s'apprête justement à revoir le système de redevances minières pour que les Québécois touchent davantage de revenus de l'exploitation de leurs mines.

Jusqu'ici, plusieurs groupes ont suggéré différents systèmes de redevances, basés sur les profits des mines, la valeur de la ressource exploitée, les «surprofits» (des profits dépassant un certain seuil) ou un modèle hybride.

Dans leur message de début d'année, jeudi, le président et le secrétaire général de la FTQ, Michel Arsenault et Daniel Boyer, ont dit souhaiter que le gouvernement du Québec en profite pour articuler une politique de développement minier qui se tienne.

«Le nouveau gouvernement du Parti québécois appelle ça le développement nordique au lieu du Plan Nord, a dit M. Boyer. On était favorable au développement du Nord québécois, parce qu'il y a énormément de richesses naturelles. On a toujours dit qu'il fallait que ça se fasse à trois conditions: dans le respect des populations, dans le respect de l'environnement et avec des justes redevances. Et les justes redevances incluent des bonnes jobs de deuxième et troisième transformations. Ce qu'on sentait avec le Parti libéral, c'était une grande campagne de pub autour du Plan Nord. On savait où était le Nord, mais on cherchait toujours le Plan. On souhaite que dorénavant, il y ait un plan de développement pour le Nord.»

M. Arsenault s'est aussi dit préoccupé de voir de plus en plus d'entreprises asiatiques faire l'acquisition de minières québécoises ou d'y accroître leur participation. Plus tôt cette semaine, un consortium asiatique s'est porté acquéreur de 15 pour cent d'Arcelor Mittal Canada pour la somme de 1,1 milliard $.

«Ce qui est inquiétant encore plus, c'est de voir l'économie asiatique venir s'emparer d'une partie de nos mines», a déploré M. Arsenault, qui vient lui-même du syndicat des Métallos.

En Colombie-Britannique, «il y a une mine de charbon qui va s'ouvrir sur l'île de Vancouver où un des critères pour travailler à la mine, c'est qu'il faut parler mandarin. Ça, c'est fort inquiétant. Il faut que les richesses naturelles du Québec soient exploitées par des Québécois. Il faut que ce soit des Québécois et des Québécoises qui travaillent; ce sont de bons salaires», a plaidé le président de la plus grande centrale syndicale du Québec.

Retraite

La FTQ s'attend également à voir le dossier des régimes de retraite resurgir dans l'actualité, alors que le rapport D'Amours sur le régime public des rentes doit être dévoilé ce printemps.

La plus grande centrale syndicale en fait un cheval de bataille depuis deux ans, demandant à ce que soit bonifié le Régime des rentes du Québec, pour assurer une retraite décente à tous.

Depuis deux ans, la FTQ est devenue la locomotive d'un train d'organismes qui demandent de doubler progressivement la rente de la RRQ de 25 à 50 pour cent des revenus de travail et d'augmenter les cotisations.

Selon ces groupes, en 2010, la Régie a versé une rente mensuelle moyenne de 544 $ aux hommes et de 351 $ aux femmes, ce qui est «nettement insuffisant».

«Avec le système actuel, presque la moitié des personnes retraitées de 65 ans et plus sont pauvres (44 pour cent), les femmes plus encore que les hommes», affirment ces organismes.

Des représentants de la FTQ, qui représente plus de 600 000 travailleurs au Québec, ont rencontré le comité D'Amours et espèrent voir leurs revendications aboutir ce printemps.

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  • POUR: le potentiel énergétique

    Les réserves de gaz de schiste au Québec sont importantes, et le potentiel d'exploitation est indéniable, ce qui pourrait rapporter des redevances à l'État. Dans <em>The Telegraph</em>, Christopher Booker <a href="http://www.telegraph.co.uk/comment/columnists/christopherbooker/8500496/Shale-gas-could-solve-the-worlds-energy-problems.html" target="_hplink">estime que les réserves seraient suffisantes pour assurer les besoins énergétiques pour des centaines d'années</a>.

  • CONTRE: la pollution de l'eau

    La fracturation hydraulique, qui consiste à pulvériser un mélange de produits chimiques et de sable sur la pierre pour faire éclose le gaz, pose des risques de contamination de la nappe phréatique. Une douzaine de cas ont été répertoriés aux États-Unis. Les images d'eau qui s'enflamme ont aussi fait le tour du monde. Une <a href="http://insideclimatenews.org/news/20111104/gasfrac-propane-natural-gas-drilling-hydraulic-fracturing-fracking-drinking-water-marcellus-shale-new-york" target="_hplink">nouvelle méthode de fractruation sans eau </a>est envisagée aux États-Unis, mais les écologistes sont sceptiques.

  • CONTRE: Plus d'émission que le charbon

    Le méthane qui se dégage lors de la fracturation est un des principaux gaz à effet de serre. Selon plusieurs études, ces émissions sont supérieures de 20 % à celles dégagées pendant l'exploitation du charbon.

  • POUR: Plus vert que les autres énergies fossiles

    <a href="http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=natural-gas-could-serve-as-bridge-fuel-to-low-carbon-future" target="_hplink">Les chercheurs du MIT ont conclu</a> que remplacer les centrales de charbon par des centrales de gaz naturel pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de moitié.

  • CONTRE: Des séismes provoqués par la fracturation

    <a href="http://oilprice.com/Energy/Natural-Gas/U.S.-Government-Confirms-Link-Between-Earthquakes-and-Hydraulic-Fracturing.html" target="_hplink">Plusieurs tremblements de terre</a> sont liés à la fracturation hydraulique. L'entreprise britannique <a href="http://www.cuadrillaresources.com/cms/wp-content/uploads/2011/11/Cuadrilla-Resources-Press-Release-02-11-11.pdf" target="_hplink">Cuadrilla Resources</a> a notamment admis que le procédé «provoque des événements sismiques mineurs»

  • POUR: Des emplois

    <a href="http://www.treehugger.com/fossil-fuels/facts-on-fracking-pros-cons-of-hydraulic-fracturing-for-natural-gas-infographic.html" target="_hplink">L'industrie du gaz aux États-Unis emploie 1,2 million de personnes</a> et le département américain de l'Énergie estime que les ressources ont augmenté de 65 % grâce au procédé de fracturation hydraulique. De plus, <a href="http://www.bu.edu/energy/files/2011/07/Fracking-article-Sept-14-2011.pdf" target="_hplink">l'industrie évalue les retombées à 385 milliards de dollars aux États-Unis</a>, selon un article de la revue <em>Nature</em>.

  • CONTRE: Les produits utilisés

    Les entreprises n'ont pas à divulguer les produits qu'ils utilisent dans la fracturation hydraulique aux États-Unis. Est-ce aussi le cas au Canada?

  • POUR: Du temps pour développer les énergies renouvelables

    L'ancien chef de cabinet de Bill Clinton et ancien patron du Center for American Progress <a href="http://www.businessweek.com/magazine/could-shale-gas-reignite-the-us-economy-11032011_page_2.html" target="_hplink">John Podesta croit que le gaz naturel peut</a> devenir un pont au 21e siècle vers des énergies renouvelables.

  • CONTRE: Il faut beaucoup d'eau

    La fracturation hydraulique peut requérir jusqu'à <a href="http://www.hydraulicfracturing.com/Water-Usage/Pages/Information.aspx" target="_hplink">20 millions de litres d'eau</a>. Dans certains cas, <a href="http://www.treehugger.com/fossil-fuels/facts-on-fracking-pros-cons-of-hydraulic-fracturing-for-natural-gas-infographic.html" target="_hplink">moins du tiers de l'eau est récupérée</a>.