Wall Street démarrait la séance dans l'euphorie mercredi, dans le sillage des places boursières mondiales, saluant l'adoption in extremis par le Congrès américain d'une loi évitant à court terme au pays une cure d'austérité forcée: le Dow Jones gagnait 1,75% et le Nasdaq 2,54%.

Vers 14H45 GMT, le Dow Jones Industrial Average se hissait de 229,07 points à 13.333,21 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, de 76,72 points à 3.096,23 points.

L'indice élargi Standard and Poor's 500 augmentait de 1,94% (27,73 points), à 1.453,92 points.

Wall Street avait déjà terminé en nette hausse lundi, pressentant un accord entre les responsables politiques à Washington, à quelques heures de l'échéance du "mur budgétaire": le Dow Jones avait pris 1,28%, à 13.104,14 points, et le Nasdaq 2,00%, à 3.019,51 points. Les marchés sont restés fermés mardi en raison du Nouvel An.

"Les marchés n'aiment pas l'incertitude et on a évité le spectre d'une chute dans une situation très, très dommageable pour l'économie" américaine, a commenté Gregori Volokhine, de Meeschaert New York.

En effet, l'adoption mardi soir par la Chambre basse américaine du texte entériné mardi matin par le Sénat écarte la menace "d'une hausse d'impôts chez les classes moyennes, l'une des craintes majeures (du marché)" et évite provisoirement une baisse drastique et automatique des dépenses publiques, a expliqué Christopher Low, de FTN Financial.

Or, soucieux des perspectives de consommation et de croissance aux Etats-Unis, dont l'économie reste fragile, les investisseurs redoutaient qu'une collision avec ce "mur budgétaire" fasse plonger l'économie américaine début 2013.

De nombreux analystes soulignaient le caractère provisoire de cet accord.

"On célèbre plus de visibilité au niveau fiscal, puisque l'on sait désormais comment on va être imposé, mais au niveau des dépenses du gouvernement, des dépenses budgétaires, on n'a absolument rien résolu, et cela va devenir la prochaine échéance" menaçant la stabilité des marchés, a noté M. Volokhine.

Après des semaines de négociations laborieuses, la loi adoptée à la dernière minute mardi soir par le Congrès américain augmente notamment le taux d'imposition des foyers aux revenus supérieurs à 450.000 dollars par an.

Mais elle repousse seulement de quelques semaines d'autres dossiers épineux, avec le report de deux mois de l'échéance de coupes dans les dépenses publiques.

Le marché obligataire baissait nettement. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans montait à 1,837% contre 1,756% lundi et celui à 30 ans à 3,034% contre 2,952%.

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