Mur budgétaire : la Chambre des représentants insatisfaite de l'accord entre la Maison-Blanche et le Sénat

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JOHN BOEHNER FISCAL CLIFF
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Le président américain Barack Obama a salué mardi soir la décision de la Chambre des représentants d'approuver l'accord conclu 24 heures plus tôt entre la Maison-Blanche et les républicains du Sénat afin d'éviter la cure d'austérité du mur budgétaire.

Le projet d'entente a reçu l'appui de 257 représentants, dont 85 républicains, tandis que 167 se sont prononcés contre, incluant 16 représentants du Parti démocrate.

La Chambre, dominée par les adversaires républicains de Barack Obama, a entériné l'accord vers 23 h dans les mêmes termes que le Sénat à majorité démocrate l'avait fait in extremis la veille.

Le taux d'imposition des familles moyennes demeurera donc stable, tandis que celui des individus gagnant plus de 400 000 $US et celui des couples gagnant plus de 450 000 $US par an augmentera. Les prestations de chômage seront quant à elles prolongées pour un an. Sans cette prolongation, 2 millions de chômeurs auraient perdu leurs prestations ce mois-ci.

Le Sénat et la Chambre des représentants ayant donné leur aval à l'entente, celle-ci doit maintenant être promulguée par le président Obama pour avoir force de loi et éviter à l'économie du pays la cure d'austérité automatiquement générée dès la nouvelle année.

« Un système fiscal plus juste »

Lors d'une conférence de presse tenue à la Maison-Blanche une vingtaine de minutes après le vote, Barack Obama a confirmé qu'il allait promulguer l'accord, disant qu'il avait ainsi tenu sa promesse de campagne « d'un système fiscal plus juste ».

« L'un des piliers de ma campagne présidentielle était de changer un code des impôts qui était trop favorable aux riches aux dépens de la classe moyenne. Ce soir, nous l'avons fait grâce aux voix des démocrates et des républicains au Congrès », a-t-il déclaré, remerciant son vice-président Joe Biden pour son travail.

Saluant les efforts des politiciens des deux côtés de la Chambre des représentants et du Sénat, Barack Obama a ajouté que « cette loi se voulait un pas de plus dans un processus visant à renforcer l'économie du pays et accroître les opportunités pour tous ».

Se disant toujours ouvert aux compromis, le président a toutefois mis en garde les républicains contre la tentation de prendre leur revanche lors de prochaines échéances budgétaires. Il a notamment indiqué qu'il refusera de négocier avec eux le relèvement du plafond de la dette, nécessaire au premier trimestre 2013.

« Je négocierai sur beaucoup de choses, mais je ne débattrai pas encore avec le Congrès sur la nécessité d'acquitter les factures induites par les lois déjà adoptées », a-t-il martelé.

Pendant un certain temps, mardi, tout indiquait que le projet d'entente allait frapper un mur. Les élus républicains membres de la Chambre s'étaient réunis en après-midi pour discuter de l'entente et plusieurs républicains avaient exprimé leur opposition au texte, car, selon eux, il ne comprenait pas suffisamment de compressions budgétaires.

En début de soirée, les républicains avaient finalement abandonné l'idée d'amender le texte de l'accord, ce qui aurait entraîné un nouveau vote au Sénat et retardé tout le processus. L'amendement recherché par les républicains aurait fait en sorte d'inclure des compressions budgétaires de 330 milliards de dollars, selon la représentante Darrell Issa.

Le mur budgétaire, techniquement frappé par les États-Unis le 1er janvier dès minuit, aurait pu entraîner l'entrée en vigueur de hausses d'impôts et des baisses importantes des dépenses publiques. Toutefois, comme le 1er janvier est un jour férié, les marchés financiers étaient fermés et le Congrès américain pouvait profiter de cette fermeture pour finaliser l'entente sans que l'impact de ces mesures se fasse sentir immédiatement sur l'économie financière.

Conscient de l'urgence de la situation, le représentant républicain Tom Cole avait d'ailleurs déclaré plus tôt mardi qu'il était important d'agir avant l'ouverture des marchés, mercredi.

Cet accord aux États-Unis a d'ailleurs fait monter les bourses en Asie. À Hong Kong, l'indice Hang Seng, qui avait ouvert en hausse d'un peu plus de 1 %, s'appréciait de près de 2 % à mi-séance, Séoul de 1,5 % et Sydney de 1,25 %. Les Bourses de Tokyo et Shanghai sont fermées depuis le Nouvel An.

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