Les élections à travers le monde durant les premiers mois de 2013

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LECTIONS 2013
Des Français votent à Londres, le 6 mai 2012 | AFP

Après une année 2012 riche en évènements politiques, 2013 sera notamment marquée par une série d'élections nationales, notamment en Israël, Tunisie, Iran et au Pakistan, en passant par l'Italie et l'Allemagne.

Législatives en Israël, en janvier

Le contexte: Les élections législatives devaient initialement se tenir au mois d'octobre 2013, mais le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a décidé d'avancer cette échéance. Il a invoqué des mésententes sur le projet de budget 2013 avec certains des partis membres de sa coalition.

Les enjeux: En décidant de dissoudre la Knesset et de provoquer des élections anticipées, c'est du temps et une nouvelle légitimité que le premier ministre au pouvoir depuis 2009 a souhaité s'attacher.

Du temps car le Premier ministre prend ainsi de cours ses adversaires les plus coriaces, la nouvelle chef du parti travailliste Shelly Yachimovitch, l'ex-journaliste vedette Yaïr Lapid, ou Ehud Olmert et Tzipi Livni, ex-cadres du parti centriste Kadima qui pourraient respectivement annoncer leur retour aux affaires.

Une nouvelle légitimité dans la perspective d'éventuelles frappes israéliennes sur les installations nucléaires de l'Iran. Et une nouvelle légitimité face à Barack Obama sur le dossier israélo-palestinien. Le premier ministre israélien avait officieusement pris position pour Mitt Romney durant la campagne électorale aux États-Unis.

Le favori: La liste commune entre le Likoud de Benjamin Netanyahu et le parti ultra-nationaliste Israël Beiteinou de l'ancien ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman est largement en tête des sondages. Le parti nationaliste religieux (Foyer juif) mené par Naftali Bennett continue de grignoter du terrain.

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Législatives en Jordanie, en janvier

Le contexte: Début octobre, le roi a dissous le Parlement, ouvrant ainsi la voie à des élections anticipées. La Jordanie est secouée depuis près de deux ans par des manifestations qui se sont multipliées ces derniers temps pour réclamer des réformes politiques et économiques. Les appels inédits en faveur d'un départ du roi Abdallah ne menacent toutefois pas sérieusement le régime.

Les enjeux: Le nouveau Parlement élira le premier ministre. Jusqu'à maintenant, c'est le roi qui le nommait. Les Frères musulmans ont demandé -sans succès- l'annulation de la hausse des prix de l'énergie (votée en novembre afin de faire face à un déficit budgétaire de 5 milliards de dollars) et le report des élections, prévues le 23 janvier. La confrérie avait déjà annoncé son intention de boycotter le scrutin, en l'absence des réformes sur le mode de scrutin et sur les pouvoirs du Parlement. Ils essaieront malgré tout de se faire entendre.

Le favori: L'abstention et le statu quo dans un pays où prés de la moitié des électeurs potentiels ne sont pas inscrits sur les listes électorales.

"Au final, le prochain Conseil parlementaire qui sera issu du scrutin du 22 janvier sera forcément la copie conforme de son prédécesseur dissous. Sans doute que la nouvelle Assemblée élue sera dissoute à son tour aussitôt les résultats connus", indique à El Watan le Cheikh Hamza Mansour, président du Front de l'action islamique, le bras politique des Frères musulmans en Jordanie.

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Législatives en Italie, en février

Le contexte: Après le vote d'un plan d'austérité en novembre 2011, la coalition précaire et le gouvernement divisé de Silvio Berlusconi n'ont plus la majorité absolue. Poussé de toutes parts à la démission, "il Cavaliere" quitte la présidence du Conseil. Le lendemain, l'économiste et universitaire Mario Monti -qui n'appartient à aucun parti- est nommé à sa place par Giorgio Napolitano, le chef de l'État italien. Il forme alors un gouvernement de "techniciens" pour faire face à la crise économique qui frappe le pays, et obtient le plus vaste soutien jamais enregistré lors d'un vote de confiance au Parlement.

Crédité d'un bilan honorable et d'une forte côte de popularité malgré sa politique de rigueur, Mario Monti annonce pourtant sa démission début décembre quand l'alliance forcée et inédite entre le PDL de Silvio Berlusconi et le centre-gauche de Pier Luigi Bersani se fissure. Quelques heures plus tôt, Berlusconi avait annoncé sa candidature aux législatives qui devaient en principe avoir lieu en mars. La démission de Monti provoque des élections anticipées.

Les enjeux: Le pragmatique "Professeur" Monti, qui souhaite "désassembler" les partis traditionnels, voudra à tout prix faire barrage à Berlusconi en reconstruisant à distance une solide alliance entre centre-droit et centre-gauche. Il a joué un coup de poker en annonçant qu'il ne serait pas candidat mais consentirait à reprendre la présidence du Conseil si le Parlement lui demande.

Silvio Berlusconi, qui n'a plus grand chose à perdre d'un point de vue personnel, mais dont une défaite pourrait signifier l'explosion d'un PDL tiraillé entre centristes et conservateurs, tentera d'imposer ses diatribes populistes anti-impôts et anti-Allemagne. Quant à la gauche menée par Pier Luigi Bersani, elle essaiera de s'assurer une majorité absolue dans les deux chambres du parlement.

Le favori: Le scénario le plus probable est celui d'une victoire de la gauche, favorite des sondages avec plus de 35% des intentions de vote. Silvio Berlusconi est actuellement autour de 15 à 20%.

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Élections générales au Kenya, en mars

Le contexte: Le président Mwai Kibaki aura passé 10 ans au pouvoir dans cette république minée par le tribalisme et la corruption. Il a fait voter une nouvelle constitution en 2010 et mené avec succès les efforts pour la croissance économique et l'éducation. Le précédent scrutin en décembre 2007, dont les résultats serrés étaient contestés par l'opposition, avait été marqué par les pires violences de l'histoire du Kenya indépendant (depuis 1963), faisant au moins un millier de morts et plus de 600 000 déplacés. Sous la pression de la communauté internationale, Mwai Kibaki signait un partage du pouvoir avec Raila Odinga. Nommé Premier ministre, le fils de Oginga Odinga, importante figure de la lutte pour l'indépendance formait un gouvernement de coalition.

Les enjeux: Chamboule-tout pour le Kenya et ses 38,6 millions d'habitants. Outre un successeur au chef de l'État Mwai Kibaki, qui ne se représente pas, et de nouveaux députés, les Kényans éliront pour la première fois des sénateurs, des gouverneurs et certains responsables locaux.

Raila Odinga et le vice-président Kalonzo Musyoka mèneront une alliance électorale face à celle formée par le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta et un ancien ministre, William Ruto, tous deux inculpés par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité pour leur rôle présumé dans des massacres inter-ethniques de 2007/2008 (ils doivent être jugés à partir d'avril 2012, juste après le deuxième tour des élections). Le processus d'enregistrement biométrique des votants doit en théorie permettre des élections transparentes.

Le favori: Raila Odinga est favori mais la coalition Kenyatta-Ruto de circonstance pourrait créer la surprise si la flopée de candidats indépendants parvient à grignoter des voix acquises à Odinga. Observateurs et acteurs de la société civile craignent que se renouvellent les violences survenues en 2007.

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Élections législatives au Pakistan, en mai

Le contexte: Les législatives de 2008, précédées par l'assassinat de Benazir Bhutto (dirigeante du Parti du peuple pakistanais, principal parti d'opposition), et suivies par l'exil londonien du président Pervez Musharraf, ont marqué le retour à un pouvoir civil dans le pays. Asif Ali Zardari, le veuf de Benazir Bhutto, accédait à la présidence de la République grâce à l'éphémère coalition formée entre le PPP et la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) de Nawaz Sharif. Votée en 2010, une importante réforme constitutionnelle a renforcé le rôle du Parlement et du Premier ministre, et diminué celui du chef de l'État. Une nouvelle mais toujours fragile coalition gouvernementale formée en 2011 "empêche la mise en place de nécessaires réformes structurelles, notamment en matière de fiscalité", note diplomatie.gouv.fr.

Les enjeux: Ce scrutin est considéré comme un test majeur pour la démocratie dans ce pays où trois gouvernements civils ont été renversés par des coups d'État depuis l'indépendance (du Royaume-Uni) en 1947. Des observateurs craignent toutefois que l'insécurité dans certaines régions du pays ne conduise à un report de cette échéance électorale.

Le favori: La popularité grandissante d'Imran Khan, ancien joueur de cricket et dirigeant du PTI (Mouvement du Pakistan pour la Justice), laisse entrevoir l'émergence d'une troisième force politique qui renverrait dos à dos les traditionnels PPP et PML-N. Le bilan de Asif Ali Zardari est de plus en plus contesté, et le PPP -miné par des accusations de corruption- pourrait mordre la poussière malgré l'entrée en scène du symbolique Bilawal, l'unique fils de Benazir Bhutto.

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Elections législatives en Guinée-Conakry, en mai

Le contexte: Les élections législatives qui devaient être organisées depuis 2011 et étaient repoussées depuis lors, seront le premier scrutin du genre depuis dix ans dans le petit d'Afrique de l'Ouest, indépendant de la France depuis 1958. Les dernières législatives en Guinée remontent à juin 2002, sous la présidence du général Lansana Conté, décédé en décembre 2008 après 24 ans au pouvoir. C'est actuellement un Conseil national de transition non élu qui fait office de Parlement. Deux ans après l'arrivée à la présidence de la République d'Alpha Condé, qui se définit lui-même comme le "Mandela guinéen", un remaniement a marqué le départ des militaires du gouvernement. Le climat politique du pays reste toutefois très tendu.

Les enjeux: L'opposition accuse régulièrement le très contesté Alpha Condé de préparer des élections frauduleuses. Si les élections se déroulent sans trop de remous, l'année 2013 doit marquer la fin d'une longue période de transitions et d'incertitudes notamment marquée par le coup d'Etat mené par le capitaine Moussa Dadis Camara en 2008.

Le favori: Le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d'Alpha Condé et Le Parti de l'Espoir pour le Développement National (PEDN) de l'ancien Premier ministre Lansana Kouyaté.

D'autres scrutins seront organisés par le monde en 2013. A noter notamment, une présidentielle en Iran juin, pour choisir le successeur de Mahmoud Ahmadinejad; des présidentielle et législatives le même mois en Tunisie, prévues après l'adoption d'une nouvelle Constitution; et des législatives en Allemagne en septembre, durant lesquelles la chancelière chrétienne-démocrate Angela Merkel briguera un troisième mandat.

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L'année 2012 a été riche en événements politiques. Regardez la carte interactive du HuffPost et retrouvez l'analyse de Daniel Leconte, auteur en 2011 et 2012 de la série documentaire "I love Democracy".

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