Opération Attention en Afghanistan: la formation d'un soldat

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Nicolas Laffont est actuellement en reportage en Afghanistan avec les Forces canadiennes déployées pour l'Opération Attention.

Lorsque les forces de la coalition quitteront l'Afghanistan en 2014, près de 350 000 membres de l'Armée nationale afghane (ANA), de la Force aérienne afghane (FAA) et de la Police nationale afghane (PNA) seront déployés dans tout le pays. Pour comprendre comment est formé un soldat afghan, notre journaliste s'est rendu dans deux des six centres d'entraînement militaires que comptent le pays, soit à Kaboul et Mazar-e-Sharif.

Engagez-vous, rengagez-vous qu'ils disaient

Avant de former, il faut recruter. Cela n'est pas très difficile pour les recruteurs. Que ce soit dans les lointaines provinces du pays ou dans la capitale, les conditions de vie restent encore dures.

Même si un entraînement militaire peut être difficile, le salaire est relativement bon (environ 160 $/mois pour une recrue, 220 $/mois pour un soldat, 500 $/mois pour un colonel).

L'objectif d'enrôler 200 000 soldats est d'ores et déjà atteint, et le recrutement actuel sert à remplacer ceux qui sont morts au combat, les désertions et les départs; «l'attrition» comme disent les militaires.

Lors de l'année 2012, un peu plus de 1 000 soldats de l'ANA sont morts et le taux de désertion est entre 15 et 25% selon les sources.

Une fois le recrutement complété et les papiers signés, la future recrue est envoyée dans un centre de formation militaire dans sa province, autant que possible.

Du recrutement à la formation

Au Camp Alamo se trouvent près de 200 mentors canadiens. Un autre groupe de 200 mentors est composé d'une douzaine d'autres nationalités.

«L'objectif du Camp Alamo [et des conseillers] est d'aider nos homologues du Centre d'entraînement militaire de Kaboul (CEMK)», explique ainsi le colonel Williams, commandant du Camp Alamo.

À son arrivée au CEMK, la recrue est habillée et équipée. Dès lors, les choses sérieuses peuvent commencer...
Durant les neuf semaines de l'entraînement de base, la recrue apprend à lire et à écrire, s'initie au fonctionnement et au maniement des armes, en plus d'apprendre à ratisser une pièce, à conduire, etc.

Abdulamin Ahmadyar, sergent-major du Centre d'alphabétisation du CEMK est fier de la récente inauguration du centre. Avec une capacité d'environ 2 800 étudiants dans une série de bâtiments flambants neufs, le centre sera le fer de lance de l'alphabétisation des soldats.

Quelques points restent cependant encore à améliorer, comme l'annonce le sergent-major.«Nous avons des professeurs qui doivent donner des cours dans deux classes en même temps... c'est impossible. On doit choisir si on renvoie les soldats ou pas. On manque de professeurs.»

À Mazar-e-Sharif, c'est un centre de formation militaire entier qui est en construction. Le colonel Abdulftah Qteh, responsable des opérations du Centre d'instruction militaire régional - Nord dit s'en réjouir d'avance.

Le lieutenant-colonel Simon Boucher, commandant du contingent canadien à Mazar-e-Sharif précise que les recrues devraient prendre possession des nouvelles installations dans les six prochains mois. «Mon objectif pour la roto 2 est de faciliter la transition entre le vieux site et le nouveau site et de faciliter la transition entre la Coalition et l'Armée nationale afghane».

De l'individu au collectif

Après avoir fini leur entraînement individuel, les recrues sont envoyées au Centre consolidé de mise en service où sont formés les kandaks, les bataillons afghans.

Pour se faire, on forme d'abord le kandak, avant de l'équiper, l'entraîner, le valider puis le déployer sur le terrain.
Chaque kandak reçoit ainsi ses armes, ses véhicules et son équipement de communications à ce moment-là.

Les membres du kandak participent à un programme d'instruction collective qui débute par un cours intensif de leadership de deux semaines à l'intention des officiers commissionnés et des militaires du rang. Des cours de littératie et de religion sont aussi au programme, en plus de l'entraînement normal des militaires.

Peu après avoir complétés l'entraînement collectif, les futurs soldats reçoivent le feu vert du commandant du Centre consolidé de mise en service lors d'une cérémonie de graduation.

Le major Mohammad Nazeer, commandant en second du kandak d'infanterie 2/4/215 qui a récemment été déployé dans la province d'Helmand, déclare être très heureux et fier que son bataillon ait réussi l'étape de la validation. «On a eu un bon score, c'est un bon bataillon».

Dès la graduation, les heures sont comptées avant que les nouveaux venus soient envoyés un peu partout dans le pays.
Lors de notre passage au Camp Blackhorse, c'est de nuit qu'une cohorte de plus de 150 véhicules a quitté Kaboul, emmenant les soldats vers de nouveaux défis, une nouvelle mission: défendre et protéger le pays, Shohna ba Shohna (épaule contre épaule, NDLR).

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