MONTREAL, 28 déc 2012 (AFP) - Le gouvernement canadien a révoqué la nationalité à un homme d'origine ukrainienne de 88 ans, qu'il tente de renvoyer du pays, pour ses liens avec une unité d'extermination nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, a indiqué vendredi à l'AFP le ministère de l'Immigration.

"La citoyenneté de Helmut Oberlander a été révoquée par un décret adopté le 27 septembre 2012", a confirmé dans un courriel à l'AFP Nancy Caron, porte-parole du ministère de l'Immigration.

M. Oberlander, qui tente depuis 1995 d'éviter son renvoi du Canada, peut cependant encore faire appel de cette décision auprès de la Cour fédérale, a ajouté Mme Caron.

Le gouvernement canadien a déjà déchu M. Oberlander de sa nationalité en 2007 pour avoir menti sur son passé en immigrant au Canada.

Arrivé au Canada en 1954, il n'avait alors rien dit sur son appartenance à un Einsatzkommando (EK), une unité mobile d'extermination nazie, ayant mené de nombreuses exécutions sur le territoire de l'ex-URSS après l'invasion allemande.

En 2009, la Cour d'appel fédérale avait cependant jugé qu'avant de lui retirer sa nationalité, le gouvernement canadien devait décider s'il avait été forcé ou non de se joindre à cette unité nazie.

"Cela est maintenant fait et le gouvernement s'en tient à sa décision de révoquer la citoyenneté de M. Oberlander", a indiqué la porte-parole du ministère de l'Immigration, sans autres précisions.

Devenu citoyen canadien en 1960, M. Oberlander, qui est né en Ukraine de parents d'origine germanique, a toujours affirmé avoir été enrôlé de force dans cette unité parce qu'il parlait allemand et russe, et n'avoir joué qu'un rôle d'interprète.

Le Centre Simon-Wiesenthal a cependant indiqué dans un communiqué qu'il considère "Helmut Oberlander (...) comme l'un des dix suspects de crimes de guerre nazis les plus plus recherchés dans le monde".

S'il devait être renvoyé du Canada, M. Oberlander pourrait être expulsé vers son pays natal ou un autre, a indiqué pour sa part l'Agence des services frontaliers du Canada.

"Plus de 60 criminels de guerre", nazis ou autres, ont été expulsés du Canada ces trois dernières années, a dit pour sa part Alexis Pavlich, attachée de presse du ministre de l'Immigration Jason Kenney.