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Les étudiants qui ont souffert de la grève sont aussi les plus assidus (PHOTOS)

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GREVE ETUDIANTE
(Getty Images) | AFP/Getty Images

Un sondage interne mené par l'Université de Sherbrooke démontre que les étudiants qui ont le plus souffert des conséquences de la grève du printemps sont également ceux qui ont été les plus assidus dans leur travail.

Le sondage, obtenu par Radio-Canada, a été mené en novembre auprès de 5 000 étudiants inscrits en première année au trimestre d'automne.

Pour plusieurs, dont le trimestre d'automne a commencé un mois plus tard en raison de la grève, les cours se poursuivront début janvier. C'est le cas d'Ariane Hobden, qui étudie à la maîtrise en environnement à l'Université de Sherbrooke. Il lui reste encore deux travaux et deux examens à préparer. Ce trimestre d'automne qui s'achève a été le plus intense de sa scolarité.

Comme elle, les étudiants de l'Université de Sherbrooke pris dans un trimestre condensé se sentent davantage débordés et stressés. C'est le cas de 72 % d'entre eux contre 56 % pour les étudiants dont la durée du trimestre n'a pas été modifiée par la grève. Ils ont également envisagé d'abandonner leur session dans une plus forte proportion que les autres.

« Je n'ai pas le temps de procrastiner, je n'ai pas le temps de manquer de l'information en cours et de la rattraper après. C'est sûr que mes lectures sont faites d'avance, parce que j'ai besoin de le faire », explique Ariane Hobden.

Comme Ariane Hobden, les étudiants de l'Université de Sherbrooke inscrits dans un trimestre condensé ont été plus impliqués dans leurs études et plus assidus dans leur travail.

Seuls 30 % ont indiqué avoir tendance à procrastiner contre 68 % pour les étudiants du calendrier régulier. 9 % des « condensés » ont avoué manquer parfois leurs cours sans excuses contre 16 % pour les « réguliers ». Les lectures demandées ont également été effectuées dans une plus forte proportion chez les étudiants aux calendriers resserrés.

Quels enseignements tirer du sondage?

Selon le professeur de philosophie de l'éducation à l'Université de Montréal, Guy Bourgeault, les résultats du sondage démontrent que les universités devraient être plus exigeantes. « Notre système tant au cégep qu'à l'université est devenu trop facile ».

Il estime que les étudiants « s'ennuient trop » et que les établissements d'enseignement n'attendent pas assez d'eux.

La professeure de science de l'éducation à l'Université Laval Thérèse Laferrière n'a pas été surprise des résultats du sondage.

Elle dirige le Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire. Selon elle, des études sur la motivation et l'apprentissage démontrent déjà que face à une charge de travail plus intensive, les étudiants s'engagent davantage.

Thérèse Laferrière pense que les administrateurs des universités vont développer de plus en plus des sessions intensives.

« Dans les circonstances, les étudiants ont très bien composé avec la situation. Et je pense que les administrations universitaires doivent être relativement satisfaites du fait que ça a été bien reçu, même si ça a été une situation plus stressante ». « C'est peut-être une formule qui va tendre à devenir une pratique courante », explique Thérèse Laferrière.

Elle rappelle toutefois que ce seront les résultats scolaires à la fin du trimestre qui seront les meilleurs indicateurs des effets de la session condensée.

Du côté de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), la présidente Martine Desjardins attend également de comparer les résultats des étudiants.

Selon Martine Desjardins, il ne faudrait pas que les résultats du sondage servent de prétexte pour imposer des sessions d'étude plus intensives. « Dans des situations de stress, les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous ».

La présidente de la FEUQ affirme que si la grève était à refaire, les étudiants la referaient, malgré les sacrifices qu'ils ont du faire.

Un reportage de Thomas Gerbet

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