INTERNATIONAL - La nouvelle Constitution égyptienne, soumise à un référendum, a été approuvée avec 63,8% des voix, a indiqué le comité électoral égyptien mardi 25 décembre. Les islamistes au pouvoir en Egypte avaient déjà affirmé dimanche 23 décembre que leur projet de Constitution avait recueilli l'approbation de 64% des votants lors du référendum convoqué par le premier ministre Mohamed Morsi. Une issue sans surprise pour ce scrutin qui s'est tenu en deux phases, le 15 et le 22 décembre, et laisse un pays profondément divisé.

Comme la semaine précédente, le principal groupe d'opposition, le Front du salut national (FSN), avait dénoncé des fraudes à l'issue du scrutin, affirmant dans un communiqué que certaines personnes se sont fait passer pour des juges afin de superviser le vote.

Le FSN "va faire appel du résultat de ce référendum" avait déclaré lors d'une conférence de presse l'un de ses chefs de file, le nationaliste de gauche Hamdeen Sabbahi. Plusieurs plaintes ont d'ores et déjà été déposées en justice.

Seulement 32% de participation

Le taux de participation a été de 32,9%, a précisé Samir Aboul Maati, le président de la commission, lors d'une conférence de presse tenue mardi.

Parallèlement au vote, le vice-président Mahmoud Mekki, un magistrat respecté, a annoncé en début de soirée sa démission, disant avoir "réalisé depuis un moment que la nature du travail politique ne convenait pas à (sa) formation professionnelle de juge". Les magistrats n'ont cessé de dénoncer le projet de Constitution, boycottant l'organisation du scrutin. La division du pays en deux zones de vote a été décidée pour faire face aux magistrats chargés de superviser le scrutin, en conflit avec le président Morsi qu'ils accusent de porter atteinte à l'indépendance de la justice.

Pour le camp présidentiel, l'adoption de cette nouvelle Constitution va doter le pays d'un cadre institutionnel stable, qui viendrait clore la transition tumultueuse que vit l'Egypte depuis la chute de Moubarak. Ses opposants affirment que la constitution menace les droits des minorités religieuses et des femmes tout en autorisant les militaires, qui conservent une influence considérable sur la politique, à juger les civils qu'ils estiment "nuisibles" à l'armée.

Le référendum a été précédé par plusieurs semaines de manifestations qui ont parfois dégénéré en heurts entre adversaires et partisans de Mohamed Morsi et du puissant mouvement dont il est issu, les Frères musulmans. 250.000 policiers et soldats avaient été déployés pour assurer la sécurité durant le vote tandis que l'armée avait positionné des tanks autour du palais présidentiel depuis le début du mois.

La nouvelle constitution, rédigée par un conseil dominé par les islamistes et boycotté par les chrétiens et les libéraux, doit entrer en vigueur dans les prochains jours. Elle accordera le pouvoir législatif au Sénat jusqu'à ce qu'un nouveau parlement soit élu pour remplacer l'assemblée qui avait été dissoute en juin.

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