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États-Unis: le lobby NRA exclut tout soutien à une loi sur les armes

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WAYNE LAPIERRE
NBC

Le puissant lobby américain des armes à feu NRA a exclu dimanche tout soutien à une loi de réglementation sur les armes, selon lui "bâtie sur des mensonges", comme l'a préconisé le président Barack Obama après la fusillade sanglante de Newtown.

Wayne LaPierre, vice-président de la National Rifle Association, a catégoriquement rejeté la législation proposée, au lendemain de la tuerie, par la sénatrice démocrate Diane Feinstein sur la vente des fusils d'assaut.

"C'est un projet de loi bidon et pour cette raison, je ne pense pas qu'il sera adopté" au Congrès, a estimé Wayne LaPierre sur la chaîne NBC.

"Je ne crois pas que cela marchera et nous ne la défendrons pas", a-t-il tranché, à propos de l'initiative qui vise à bannir dans le pays le même type d'armes d'assaut que celle utilisée par le tueur de Newtown.

"Elle est entièrement bâtie sur des mensonges", a jugé M. LaPierre, "tout ce que j'entends, mince, vraiment, les médias... les hommes politiques ne disent pas la vérité. Ils disent que ces armes-là sont plus puissantes, c'est faux, ils disent qu'elles font de plus grands trous, c'est faux, ils disent qu'elles requièrent des balles plus grosses, c'est faux, ils disent que ce sont des armes de guerre, c'est faux", a martelé le leader de la NRA.

M. LaPierre a en outre souligné que la tuerie du lycée de Colombine, qui avait fait 13 morts en 1999, a eu lieu alors qu'une loi similaire était en vigueur.

"On ne peut pas légiférer sur la moralité, une loi ne marche que sur les personnes saines d'esprit et respectueuses du droit, elle ne marche pas sur les criminels", a-t-il fustigé, "il y a des monstres dehors chaque jour et nous devons faire quelque chose pour les arrêter".

Après la fusillade meurtrière du 14 décembre, qui a fait 26 victimes dont 20 enfants, à l'école primaire Sandy Hook de Newtown (Connecticut, nord-est), Dianne Feinstein a proposé que soit votée une loi d'interdiction des fusils d'assaut et des chargeurs à grande capacité, une initiative que Barack Obama "soutient activement".

Celui-ci a nommé son vice-président Joe Biden à la tête d'un groupe de travail chargé de réfléchir aux questions de santé mentale et aux vides juridiques sur la vente d'armes sans vérification des antécédents de l'acheteur.

Cependant, les chances de passage de cette loi dépendent du soutien que choisiront d'apporter les nombreux élus proches de la puissante NRA au Congrès. Nombre de propositions de lois sur les armes ont été enterrées ces dernières années faute d'appui de la NRA, forte de 11.000 instructeurs.

"Les Américains soutiennent leurs libertés, la NRA ne va pas les laisser être privés du deuxième amendement (de la Constitution) qu'une grande majorité soutient". Cet amendement garantit la liberté de posséder des armes.

"Vous voulez une loi de plus parmi les 20.000 textes existants quand la plupart des lois fédérales sur les armes ne sont même pas appliquées?", a encore demandé M. LaPierre, accusant "la machine des médias de vouloir rendre les armes responsables de tous les maux chaque fois qu'il se passe quelque chose dans ce pays".

"La NRA soutient ce qui marche", a martelé son dirigeant. Comme il l'avait fait vendredi, il a préconisé de placer un policier armé devant chaque école pour empêcher une nouvelle tragédie.

"La police protège le président, elle protège le Congrès, elle protège les bureaux, la plupart des médias... pourquoi ne pourrions-nous pas protéger notre ressource la plus précieuse", nos enfants?, a-t-il lancé, appelant à un "programme" comme en Israël qui poste des gardes armés devant chaque école.

La NRA est du côté "de l'Américain moyen", du "gars du Bronx qui sur la scène d'un crime a besoin de protection" et "attache un prix à sa liberté".

chv/sam

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