Cercle de feu, Ontario: le développement économique de Harper se heurte à la réalité autochtone

Publication: Mis à jour:
RING OF FIRE MINING
CP

FORT HOPE, Ont. - Les gens de la Cliffs Natural Resources sont bien conscients des défis reliés à l'extraction minière dans des conditions difficiles.

Mais cette fois, il s'agit d'une première: la minière a demandé une prolongation de l'analyse environnementale dans la région du Cercle de feu, dans le nord de l'Ontario, en raison d'une série de suicides.

Un autre jeune homme s'est donné la mort il y a quelques semaines, ce qui a plongé dans le désespoir la Première Nation de Neskantaga. Vingt jeunes de cette petite communauté de 300 âmes ont été placés en surveillance puisqu'ils présentaient un risque élevé de suicide. Le chef de bande et le conseil se sont ensuite enfermés dans le mutisme.

«Neskantaga a demandé un délai, et compte tenu des circonstances, nous avons jugé qu'il s'agissait de la bonne chose à faire», a exposé le premier vice-président, Bill Boor, dans une entrevue téléphonique.

«Nous avons été très clairs sur le fait que nous serons les exploitants de ce projet à long terme, à condition qu'il soit accepté. Nous avons l'intention d'être sur place pour une très longue période de temps», a-t-il poursuivi.

M. Boor a par ailleurs soutenu qu'il devait y avoir un équilibre entre les intérêts de la communauté et ceux de Cliffs Natural Resources et qu'il ne servait à rien de précipiter les choses.

Le délai demandé est relativement court, mais il survient à un moment où le premier ministre Stephen Harper fait de l'exploitation minière et énergétique une priorité nationale.

Depuis le dernier budget fédéral, des milliers de fonctionnaires issus de plusieurs ministères sont mobilisés par le projet de «développement responsable des ressources» que caresse le gouvernement Harper.

Les politiques que sous-tend ce vaste chantier prévoient des sommes supplémentaires pour financer des consultations avec les Premières Nations. Mais elles ne tiennent pas compte des conséquences des épidémies de suicide qui font rage dans la région peu densément peuplée du «Cercle de feu».

Ce secteur du nord de l'Ontario, où des minières comme Cliffs Natural Resources espèrent lancer leurs activités et créer des milliers d'emploi au cours des prochaines décennies, est l'un des endroits au pays où le taux de suicide est le plus élevé.

«Nous sommes traumatisés à plusieurs niveaux. Des années et des années de deuil, de conflits, de morts, de suicide», se désole Liz Atlookan, responsable sanitaire à Fort Hope, la ville la plus importante du Cercle de feu.

Malgré les incitations aux investissements et au développement à toute vapeur émanant du gouvernement fédéral, le temps pourrait jouer en faveur des Premières Nations dans le Cercle de feu.

La multinationale Cliffs Natural Resources n'est pas encore tout à fait certaine qu'elle pourra aller de l'avant avec son projet. Selon le calendrier, l'exploitation pourrait débuter en 2016, mais cet échéancier est toujours nébuleux, notamment car l'évaluation environnementale doit être complétée, et que la question du financement est complexe.

Phillip Wapoose, qui partage une masure avec quatre membres de sa famille à Fort Hope, espère seulement que ses enfants trouveront un boulot qui leur permettra de fuir le cycle de la pauvreté. Et le développement minier dans le Cercle de feu, selon lui, est prometteur en ce sens.

«Je veux seulement qu'ils embauchent les jeunes», lance-t-il.

À lire aussi sur le HuffPost Québec

Close
Fort Hope First Nation, Ontario
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction