Théâtre Jean Duceppe : Émilie Bibeau s'immerge dans Un village de fous

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EMILIE BILODEAU
François Brunelle

Pour la période des fêtes, le Théâtre Jean Duceppe propose à ses spectateurs une bonne dose de rires avec Un village de fous, une comédie de l'auteur américain Neil Simon, mise en scène par Monique Duceppe. La comédienne Émilie Bibeau tient le rôle principal féminin de cette jolie galère, qu'on décrit comme « une leçon de vie qui agit sur nous comme un extraordinaire conte de fées et qui fait du bien à l'âme ». Ce sont d'ailleurs les grands yeux clairs de l'actrice qui surplombent l'affiche promotionnelle de la pièce. Pour la jeune femme, qui a également eu le bonheur, cette année, de faire partie du plus grand succès télévisuel de la saison, Unité 9, cette nouvelle incursion sur les planches se veut un véritable cadeau de Noël.

« Un village de fous peut être considérée comme une fable, un conte pour adultes, a précisé Émilie. C'est à la fois léger, réjouissant et rassurant quant à la nature humaine. C'est un divertissement, mais on y aborde aussi des thèmes comme l'ouverture à l'autre et la pureté des sentiments. »

L'histoire, jouée pour la première fois en 1981 sous le titre original Fools, raconte l'existence des habitants du village de Kulyenchikov, en Ukraine. Tous possédés par un sort que leur a jeté le comte Gregor Yousekevitch, il y a 200 ans, lorsqu'on lui a refusé la main de la belle du patelin, les villageois agissent bizarrement, réfléchissent d'une drôle de façon et semblent n'entretenir aucun contact avec la réalité; bref, ils sont simplement fous. Un jour, Léon (incarné par Antoine Durand), un jeune instituteur plein de bonnes intentions, débarquera dans la localité et tentera de conjurer la malédiction qui afflige ses nouveaux concitoyens. Il essaiera en parallèle de conquérir le cœur de la belle Sophie (Émilie Bibeau), hélas folle elle aussi. La périlleuse entreprise de Léon se conclura par un sprint qui ne sera pas de tout repos.

« La folie des personnages se manifeste beaucoup dans l'absurdité, souligne Émilie Bibeau. Ils sont vraiment atteints de stupidité et ont un niveau intellectuel très faible. En ce qui concerne mon personnage, son trouble s'exprime aussi dans une certaine candeur, une certaine naïveté. Par contre, les villageois sont tous lucides par rapport à leur stupidité. Ils savent qu'ils ont reçu un sort. »

Même si elle n'avait encore jamais travaillé ses mots, la brune interprète était familière avec l'univers toujours déjanté de Neil Simon, dont les créations voguent constamment entre humour réaliste et bouffonnerie pure. Plus jeune, lorsqu'elle vivait à Québec, sa ville natale, il lui est arrivé d'aller applaudir les artistes qui donnaient corps à des titres comme Biloxi Blues ou Brighton Beach Memoirs. L'excitation est d'autant plus grande, pour elle, de se frotter au monde du dramaturge, que cette initiation a lieu sous l'enseigne du Théâtre Jean Duceppe, une institution qu'elle chérit particulièrement et où elle a acquis beaucoup d'expérience au fil des ans.

« J'ai un souvenir affectif par rapport à Neil Simon, relié à mes premières sorties au théâtre. Et c'est la cinquième production à laquelle je participe chez Duceppe. C'est l'un des endroits où on m'a rapidement fait confiance. C'est là que, pour la première fois, j'ai joué les textes de Michel Tremblay et Serge Boucher et travaillé avec René Richard Cyr. On y trouve un vrai sentiment de famille, d'appartenance, de fidélité, et les acteurs sont très bien traités. »

Yvan Benoit, Luc Bourgeois, Laurent Duceppe, Danielle Lépine, Pauline Martin et Claude Prégent donneront la réplique à Émilie dans ce Village de fous, que présente le Théâtre Jean Duceppe jusqu'au 9 février. Un atelier-causerie réunissant les principales têtes d'affiche de la pièce ainsi que la metteure en scène Monique Duceppe aura aussi lieu le mercredi 9 janvier, à 17h.

Unité 9, un privilège

Dans un tout autre registre, Émilie Bibeau se démarque, cette année, sous les traits de Lucie Lamontagne, la jeune sœur de Marie Lamontagne (Guylaine Tremblay) dans l'excellente série Unité 9, qui a été acclamée tous azimuts cet automne. Très heureuse de l'accueil dithyrambique réservé au projet, elle s'est par ailleurs réjouie de nous annoncer que Radio-Canada a donné son aval, la semaine dernière, à une deuxième saison des péripéties des prisonnières de Lietteville.

« On se sent vraiment privilégiés d'être là-dedans, s'est-elle enthousiasmé. Pour nous, quand on a commencé à tourner, on trouvait que ça "sentait bon". Quand je suis allée auditionner, je trouvais déjà que c'était un bon sujet, qui n'avait jamais été traité à la télévision. Jean-Philippe Duval, le réalisateur, est très intelligent, allumé et rigoureux. Il a fait son casting de façon très minutieuse. C'est une grande fierté d'appartenir à cette série. »

Muette comme une carpe quant aux tribulations qui attendent son personnage, Émilie se contentera d'énoncer que sa Lucie devra encore composer avec son talon d'Achille, l'alcool, dans les prochains épisodes. Là s'arrêteront toutefois les confidences. Mais celle qu'on a découverte dans Annie et ses hommes s'est par contre fait un plaisir de nous parler de ses retrouvailles télévisuelles avec une vieille complice nommée Guylaine Tremblay, de qui elle est très proche depuis leurs premiers échanges dans ce dernier téléroman.

« J'étais très touchée de jouer sa jeune sœur, parce qu'on a déjà un lien très fort dans la vie, a mentionné Émilie. J'ai souvent travaillé avec elle. Elle est généreuse, rassembleuse, ouverte aux autres. Elle est investie dans ce qu'elle fait. On avait des scènes de sœurs à jouer, et on en était très émues. Ça demeure précieux dans mon bagage d'artiste. »
D'ici à ce que s'enclenchent les tournages du deuxième volet d'Unité 9, au printemps, Émilie Bibeau passera Noël et le Jour de l'an entourée de sa famille et de ses amis et se préparera à remonter sur scène à la fin du mois de février, dans Furieux et désespérés, au Théâtre D'Aujourd'hui. Elle prête aussi sa voix à différents personnages de dessins animés.

Pour se procurer des billets pour Un village de fous ou obtenir des informations sur la pièce, on consulte le www.duceppe.com.

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