LONDRES, 20 déc 2012 (AFP) - Le site internet WikiLeaks, spécialisé dans la divulgation de rapports secrets, publiera un million de documents en 2013, a annoncé jeudi son fondateur Julian Assange, dans une intervention à partir du balcon de l'ambassade d'Equateur à Londres où il s'est réfugié il y a six mois.

"L'année prochaine sera aussi bien remplie (que 2012). WikiLeaks prépare la publication d'un million de documents, des documents qui touchent tous les pays dans le monde, tous les pays dans ce monde", a déclaré M. Assange, sur un ton combatif, devant une centaine de ses partisans et autant de journalistes.

WikiLeaks a déjà notamment publié des rapports de l'armée américaine sur l'Irak et l'Afghanistan et 250.000 télégrammes américains, provoquant l'ire de Washington.

"Il y a six mois, il y a 185 jours, je suis entré dans ce bâtiment, c'est devenu ma maison, mon bureau et mon refuge", a lancé M. Assange au cours de sa deuxième intervention publique en six mois au balcon de l'ambassade d'Equateur, décoré pour l'occasion d'une guirlande de Noël.

"La porte est ouverte, la porte a toujours été ouverte à quiconque veut me parler" en vue de régler la situation, a-t-il affirmé, dans un discours d'une dizaine de minutes.

Julian Assange, un Australien de 41 ans, vit reclus depuis juin dans l'ambassade d'Equateur afin d'échapper à une extradition vers la Suède pour une affaire de viol et d'agression sexuelle présumés, dans laquelle il clame son innocence.

L'Equateur lui a accordé l'asile politique, mais Londres entend appliquer le mandat d'arrêt suédois. Le "cyber-warrior" affirme que s'il est envoyé en Suède, il risque à terme d'être extradé vers les Etats-Unis et d'y encourir la peine de mort.

M. Assange a accusé jeudi Washington d'"ingérences dans l'économie" de l'Equateur et d'"ingérences" dans l'élection présidentielle en février 2013 dans ce pays d'Amérique latine.

"La vraie démocratie n'est pas à la Maison Blanche, (...) la vraie démocratie c'est la résistance des personnes armées de la vérité contre les mensonges, de la place Tahrir à Londres", a-t-il estimé, avant de terminer son discours le poing en l'air.

Quelques-uns de ses partisans, encadrés par une trentaine de policiers, brandissaient des pancartes sur lesquelles l'on pouvait lire "Ne tirez pas sur le messager" ou encore "N'ayez pas confiance en la Suède".

"Je suis ici car (...) je soutiens la liberté de presse", a expliqué l'un de ses partisans, âgé de 28 ans. "Nous devons tous (...) nous assurer que la bonne version de l'histoire est écrite. Il ne s'agit pas des allégations pesant sur Julian Assange, il s'agit de savoir si une personne doit divulguer des informations qui sont importantes pour le public."

De son côté, l'ambassade d'Equateur a "réitéré" jeudi son "soutien" à M. Assange.