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Le procureur général du Brésil enquêtera sur les allégations visant «Lula»

19/12/2012 11:30 EST | Actualisé 18/02/2013 05:12 EST

BRASILIA, Brésil - Le procureur général du Brésil a annoncé mercredi qu'il examinerait les allégations voulant que l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva ait été au courant d'un stratagème d'achat de votes au Congrès ayant mené à la condamnation de 25 personnes lors d'un important procès qui s'est conclu récemment.

Le procureur général, Robert Gurgel, a déclaré qu'il étudierait les déclarations de l'homme d'affaires Marcos Valerio, selon lesquelles Luiz Inacio Lula da Silva aurait approuvé le système d'achat de votes et utilisé l'argent de ce stratagème pour ses dépenses personnelles alors qu'il était président.

M. Valerio a été condamné à plus de 40 ans de prison et à une amende équivalant à 1,3 millions $ US pour avoir été l'«opérateur» du stratagème, en vertu duquel des élus recevaient des paiements en argent en échange de leur appui aux politiques du président «Lula» après son arrivée en poste, en 2003.

M. Valerio a lancé ses allégations contre l'ancien président lors d'un témoignage devant les procureurs fédéraux en septembre, après avoir été reconnu coupable, mais avant de connaître sa peine.

Selon ses détracteurs, les circonstances de son témoignage montrent qu'il ne peut être pris au sérieux.

Dans des commentaires faits devant les journalistes mercredi à l'extérieur de l'édifice de la Cour suprême brésilienne, le procureur général a annoncé qu'il étudierait les déclarations de Marcos Valerio, tout en soulignant que l'homme d'affaires avait déjà fait des déclarations trompeuses dans le passé.

«Marcos Valerio a souvent fait des déclarations qu'il considérait grandiloquentes, et quand nous les avons analysées en profondeur, il n'y avait rien à en tirer», a dit M. Gurgel.

«Mais nous allons voir ce qu'il y a derrière cette déclaration et voir s'il y aurait des éléments pour d'autres enquêtes. Comme toujours, aucun élément ne sera laissé de côté.»

C'est la première fois que Luiz Inacio Lula da Silva, qui a quitté son poste en 2010 avec un taux d'approbation de 87 pour cent, est mis en cause dans ce stratagème d'achat de votes. Quand les allégations de Marcos Valerio ont été publiées la semaine dernière dans le journal «Folha de S. Paulo», ses nombreux partisans, incluant la présidente actuelle, Dilma Rousseff, ont pris sa défense.

L'ancien président nie toute malversation, même si certains de ses proches collaborateurs ont été condamnés pour leur rôle dans le stratagème. L'ancien chef de cabinet de M. Da Silva, José Dirceu, a été reconnu coupable de racket et d'avoir dirigé l'opération. Il a été condamné à 11 ans de prison.

Les autres personnes condamnées dans cette affaire comprennent des politiciens, leurs collaborateurs et des banquiers.

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